Le journal d'un frontiste 10/ 03 / 2057

09/03/2017 23:48

 

La Présidente, intronisée le 19 mai 2.017, tenta de constituer un Gouvernement, et c’est là que son rêve éveillé se transforma en cauchemar. Son entourage qui avait été entièrement absorbé par le combat à livrer avait fait front dans l’unité. Or, l’allégresse de la victoire retombée, s’imposait la composition d’un gouvernement et donc la distribution de portefeuilles, ce qui pour les éventuels aspirants signifiaient honneurs et billets de banque. La chaude camaraderie du  valeureux équipage victorieux s’évapora d’un seul coup. Ce fut « chacun pour soi ». Tous découvrirent que les étrangers n’étaient pas seulement hors frontières. La méfiance s’installa entre eux d’autant plus lourdement que le premier-ministrable qui s’imposait fut foudroyé par une crise cardiaque. Surmenage dit-on, mais allez savoir !

Le Pen avait tant espéré la victoire et depuis si longtemps que celle-ci s’était transformée en un mythe ouvrant sur un monde imaginaire quasi magique, sans contraintes triviales. En fait, la présidente n’avait jamais cru vraiment gagner autrement qu’en rêve. Peut-être même se serait-elle contentée d’une seconde place honorable qui aurait conforté son statut de victime poursuivie par une justice partisane, tout comme pour Fillon d’ailleurs, et lui aurait donné l’occasion de se plaindre de manipulation des urnes qui lui aurait volé sa victoire. Elle n’aurait pas eu à se confronter à une réalité qui se révélait bien plus compliquée qu’elle ne l’avait imaginée ! Mais malheureusement pour elle, elle avait gagné et se vit entourée d’êtres immatures et envieux, un vrai panier de crabes, incapables de faire des ministres acceptables. La seule personne sur laquelle elle aurait pu s’appuyer, qui aurait su habilement atténuer les rivalités, venait de disparaître. Marine Le Pen se sentit affreusement seule.  

La presse de tous bords fit ses délices de toutes les turpitudes qui explosaient journellement du côté de l’Elysée. Les caricaturistes n’avaient que l’embarras du choix de leurs cibles, mais cibles  leur tour, certains furent exécuter en pleine rue. On parla d’un « Charly II ». Le peuple frontiste, c'est-à-dire une moitié de la France, commençait à se poser des questions. Marine Le Pen, pour la première fois de sa vie perdit de sa superbe. Elle sentait sa base vaciller aussi sûrement que son autorité. Elle décida de frapper un grand coup.

Elle n’eut pas à réfléchir longtemps. Une solution étonnamment lumineuse s’imposa à elle :

Fillon !