Le journal d'un frontiste 19/ 03 / 2057

19/03/2017 01:16

 

Les membres du Gouvernement et leur famille ne reçurent aucun ordre d’expulsion mais se sachant désormais indésirables, la rage au cœur, ils se hâtèrent de fuir une France qu’ils n’avaient pas pu protéger durablement.

Ils avaient reçu des mains de Madame La Commandeure une statuette en bronze de Jeanne d’Arc, dernière attache à une Terre aimée qu’ils avaient cru naïvement protéger. Ils l’abandonnaient aux mains d’une dictatrice honnie.

 Mais lorsqu’ils découvrirent sur Internet, en même temps que les autres citoyens, le contenu de la nouvelle Constitution, ils furent horrifiés. Ils s’étaient attendus au pire mais pas à une telle perversité.

La France était balayée par un temps pourri comme si les éléments se joignaient à l’ampleur de l’accablement du peuple. La stupeur saisissait le lecteur qui découvrait le saccage du « bien vivre ensemble » que garantissait en principe l’ancienne Constitution.

Personne  ne s’y attendait. Des gens tombaient en pleurant dans les bras d’inconnus rencontrés dans la rue. Ce fut pour beaucoup un jour de deuil national. Les enfants regardaient les adultes sans comprendre.

« Dis maman, c’est qui qu’est mort ? »

« La Patrie mon chéri, la Patrie ! »

La frontière franchie, Benoît Hamon, interviewé, déclara face à une multitude de micros : « Je pense que la France va vivre une période de glaciation, de coma artificiel. C’est pour tous une catastrophe. Mais en ayant accompagné durant cinq années tout un peuple qui, amputé de ses cadres, en a profité pour faire montre de ses immenses capacités, je pense qu’il ne s’agira que d’une très douloureuse parenthèse dont il sortira plus fort que jamais. Les membres du Gouvernement, de moi-même et de nos familles, devons quitter notre peuple dans cette épreuve. Nous ne l’abandonnons pas, mais nous ne voulons pas laisser à l’ex-présidente la jouissance d’utiliser notre décapitation pour asseoir davantage son illégitime autorité ».