Le journal d'un frontiste 5 mars 2057

06/03/2017 10:41

 

Je continue mon expédition dans les archives de la bibliothèque de Carole. C’est hallucinant, plus passionnant qu’un roman policier et à peine croyable. Je suis allé, par curiosité, consulter les documents des archives départementales. Rien de semblable. Comme si tous ces faits n’avaient jamais existé il y a à peine cinquante ans. Toute trace a été effacée. C’est comme si je découvrais l’histoire d’un pays étranger à une toute autre époque. Et je saisis le rôle de complice d’un tel système auquel des gens comme moi on été formatés. Et je crois que mon état d’être asexué, sans passion de cet ordre, a permis que je reste modéré dans la traque à tout ce que le Front condamne. Les collègues hétéros éliminent, quelquefois sauvagement, les homos. Ils ne font que cracher leur haine de ces personnes sans se forcer. Moi je les trouve en général plutôt sympas et intelligents, les homos, souvent bien plus que la moyenne, alors quand je peux limiter les dégâts je ne m’en prive pas, et je comprends à présent l’étonnement des mes supérieurs qui trouvent que mon rendement est très inférieur au national. Je leur dis que ça, c’est dû à la spécificité de la Savoie. Province de montagnes, d’air pur, de tradition, de sagesse, une question de race. Ce mot leur clos la bouche ! « ah c’est donc la race ? » et il gobe mon histoire ! « Oui, c’est comme les vaches tarines, qui sont des bêtes saines, produisant du lait de qualité ! ». Et il me foute la paix !

Merci mille et mille fois, Carole. En ta compagnie je découvre la vie, comme si durant trente deux ans je n’étais qu’ensuqué ! Merci Carole !...Je retourne à mes découvertes.