Le journal d'un frontiste 6 mars 2057

07/03/2017 09:52

 

Macron, frais émoulu du monde de la Finance avait  fait un temps illusion, car il n’avait pas apprit qu’une calculette et la séduction du sourire commercial d’un banquier ne suffisent pas face à des personnes qui n’ont que leurs doigts pour compter s’ils parviendront en fin de mois à joindre les deux bouts. Le charme des meetings messianiques savamment orchestrés à grand frais s’estompa à  l’épreuve de la réalité. Son programme était celui d’un très libéral homme d’affaire dont les thèses le rapprochaient des Trumpiennes. Il fut appelé ‘l’attrape tout’ tant il accueillait les élus de n’importe quel bord. Leur  arrivée devait confirmer la justesse de ses propositions qui s’avérèrent pur jus de droite libérale.

Les socialistes de la première heure, trompés par l’absence de programme de Macron mais qu’ils  pensaient être des leurs, se sentirent très mal à l’aise lorsqu’ils virent arriver de plus en plus de personnes dont les valeurs étaient à l’opposé de leurs convictions. Les réunions bihebdomadaires de « En marche » leur donnèrent l’impression d’être au Club Med, entre gentils animateurs disposés à amuser la galerie et qui ne doivent surtout pas parler de choses qui fâchent, c'est-à-dire des valeurs opposées. Macron voulant se poser en Grand réconciliateur imposa que la troupe d’élus grandissante d’« En marche », marche évidemment, mais au pas cadencé scandé par les chansons guillerettes des bienheureuses colonies de vacances de leurs pères. Finies les divisions, on se réconcilie, on s’aime, on se tombe dans les bras, c'est-à-dire qu’on rogne ses valeurs, on les rabote tant qu’à la fin il n’en reste plus rien qu’un melting-pot insipide.

Alors les socialistes quittèrent cette pétaudière macronienne et rejoignirent leurs électeurs qui, dès le départ, avaient fait le bon choix en optant pour Hamon. Celui-ci enregistra 5% de plus, et talonnant Le Pen, prit la seconde place.