le journal d'un frontiste ce 8 mars 2057

08/03/2017 19:11

 

Ce fut alors qu’au cours d’une émission télévisée qui opposait les divers concurrents, Hamon se révéla vraiment. Il expliqua le clivage essentiel qui distinguait la Droite de la Gauche :

La Droite pour régler un problème utilise la matraque. Elle interdit, moralise, espionne,  traque, arrête, bastonne, taxe, emprisonne, quelquefois tue.

La Gauche, loin de méconnaître la dangerosité  du cannabis, préfère prendre le risque de faire confiance aux jeunes. Elle compte sur leur intelligence, leur créativité, leur amour de la vie, leur solidarité. Partisane qu’ils se prennent en main, sans besoin qu’on leur dicte leur conduite, la Gauche mise sur le sens de responsabilité de la jeunesse, son souci de l’avenir. Elle préfère que les jeunes soient acteurs de leur vie plutôt que de simples exécutants, passifs, obéissants, respectueux d’un ordre établi, contraints de se rebeller s’ils veulent exister. La Gauche sait l’importance de la question du cannabis mais n’en fait pas un problème. Elle estime que la responsabilité des adultes, essentielle, est la prévention à commencer très tôt, en famille, dès la maternelle par l’information mais surtout par l’exemple. « C’est important l’exemple, Monsieur Fillon ! » Bien plus que le « Faites ce que je dis, et pas ce que je fais ! ».

Jamais prise de parole n’avait tracé aussi essentiellement et concrètement la ligne de démarcation entre la Droite et la Gauche.

Les alpinistes connaissent bien ces massifs qui clivent les versants NORD/SUD. Au Nord, le versant ne voit jamais le soleil. Il est glacial, austère, inhospitalier, dangereux. Au Sud, le versant est chaleureux, riant, habitable, fertile, ensoleillé. Là s’installe les villages.

La Droite, c’est le NORD, l’austérité.

La Gauche, c’est le SUD, la joie de vivre.

On ne peut pas être sur les deux versants à la fois. Il faut choisir.

Chacun comprit que les enjeux n’étaient pas de simples jeux d’esprit, mais se situaient au centre même de la vie, de la confiance ou non entre parents et enfants, entre les générations. L’ambivalence des adultes  se cramponnant à leur statut, et craignant la concurrence montante peuvent par leur violence pousser leurs semblables et les jeunes vers les solutions extrêmes. « Une bonne guerre !  dit un adulte comme il faut, ça les calmerait !… »

 Hamon répéta lors des ses réunions que c’est par la compréhension et l’amour qu’on permettra aux jeunes de s’écarter de la drogue, non en les matraquant.

Cette distinction de Hamon entre Droite et Gauche enthousiasma non seulement les jeunes mais une bonne partie des électeurs qui ne votaient habituellement pas à gauche, les indécis séduits par Macron, ceux qui s’abstenaient.

Saisissant l’exemple type de la dépénalisation du cannabis, Hamon fit la claire démonstration que les valeurs qui clivaient la population française étaient  puissantes et antinomiques : ou la société fonctionnait dans un rapport de force autoritaire, les uns tentant d’imposer leurs idées et pratiques aux autres qui, eux, les subissaient ou les rejetaient plus ou moins violemment, ou la société fonctionnait dans un rapport de confiance et de respect mutuel, si bien que les divergences pouvaient se discuter, se comprendre et peut-être s’aplanir.