le mâle pacte maléfique originel

13/05/2015 14:01

Le mâle pacte maléfique originel

Enfants violés par des militaires français en Centrafrique, milliers de femmes allemandes systématiquement violées par les soldats alliés, en 44/45, françaises collabo tondues, bafouées, en 44, 1400 enfants violés en 16 ans à Rotherham, une ville du Nord de l’Angleterre, individus humains de sexe féminin en grand danger en Inde, etc, etc…

Autant d’atrocités, parmi les autres, que les média nous explosent au visage en ces temps de commémoration.

Comme si c’était nouveau, comme si, brusquement, les mâles de l’espèce humaine se convertissaient en brutes sans foi ni loi.

Or il ne s’agit que de l’effet de loupe que produisent à présent les progrès de la communication. Ces atrocités ont toujours existé. Elles sont nées avec l’espèce humaine.

En écrivant un roman, « Descartes, la pensée libérée » dans lequel je tente de raconter le duel entre le philosophe et l’Inquisition,  j’ai découvert un détail du triptyque de Jéronimus Bosch, « le jardin des délices », qui me paraît être intuition essentielle. Dans le tableau de droite représentant le créateur entouré d’Adam et d’Eve au paradis terrestre, Dieu, jeune homme dépouillé de tout accessoire disant sa divinité, accepte sans broncher que le pied d’Adam vienne couvrir son propre pied droit. L’expression « faire du pied » pour signifier l’accointance secrète entre deux personnes semble ici prendre tout son sens. Une relation privilégiée s’établit ainsi entre Dieu, mâle évidemment, et Adam, au détriment d’Eve qui doit l’ignorer. Adam trompe Eve.

Il m’est apparu que Bosch, l’iconoclaste, signifiait ainsi que dès ses origines, l’espèce humaine, sexuée, mâle et femelle, avait été confrontée à un choix capital : ou accepter que les deux genres, indispensables à la survie de l’espèce et attirés l’un vers l’autre, vivent en bonne intelligence, dans l’harmonie et l’amour, ou bien que l’un, le mâle, effrayé par la différence, signe d’incomplétude, profite de la supériorité de sa force physique pour soumettre ce sexe étranger, étrange, qu’il déclare faible.

La connivence qui aurait dû s’établir entre l’homme et la femme, est détournée en une entente entre hommes.

Le mâle, selon moi bien sûr, conscient d’avoir réalisé  un coup d’Etat, le justifie en inventant un dieu évidemment mâle qui cautionne ce méfait. Les griots de toutes ethnies s’empressent de colporter une histoire, la Genèse par exemple, qui, non seulement justifie le coup de force mais va très intelligemment le cautionner en inversant les rôles : c’est la Femme, Eve, qui est responsable des maux de l’Humanité. Jalouse, ambitieuse, elle est parvenue à brouiller ce bon mais si naïf Adam d’avec son Créateur. Malheur à elle et à toute son engeance.

La suite, on la connaît.