Le meilleur candidat à la présidence de la république est ...

21/04/2017 15:25

 

L’inconvénient, quand, comme moi, vous avez acquis des compétences dans un domaine n’intéressant qu’assez peu le public lorsqu’il s’agit d’élection, puisqu’il concerne le fonctionnement de la psyché, individuelle, voire collective, réside en ce que vous devez, pour éclairer votre propre lanterne, vous tourner vers les spécialistes de toute autre discipline : L’économie, l’institutionnel, la santé de la planète, etc…

Certes, un de mes collègues américains s’est interrogé sur la santé mentale de son président. « Trump ne serait-il pas dément ? » alors que d’autres déplaçaient la question vers la santé mentale de la majorité du peuple américain et concluaient que Trump était tout à fait à sa place, élu légalement par un peuple divagant.

Allez donc savoir !

Bref pour faire le bon choix du président idéal, je dois comme l’immense majorité de mes concitoyens m’en remettre à la lumière tremblotante de mon intuition, à la profondeur des autres puits de science, ou à un quelconque indice, tout comme celui que l’on vit apparaître en début de campagne : φ

Cette lettre grecque se prononce « phi », et lors de nos « humanités » signifiait « philosophie ». Or sachant que ce signe est brandi par Monsieur Mélenchon qui, se disant insoumis se veut sans dieu ni maître, le phi en question sonne comme le défi, la provocation de quelqu’un qui défait bien plus qu’il ne fit. Sur les onze candidats, il n’en reste donc que dix.

Ainsi, sans doute que d’élimination rationnelle en élimination j’en aboutirais à mon intuition qui se nomme Benoît Hamon.

Mais l’intuition étant par définition d’une essence si subtile qu’elle peut reposer comme pour les catholiques intégristes considérant leur Fillon sur d’inébranlables certitudes  qu’il est plus prudent de la garder momentanément sous le coude.

Par souci d’objectivité, mieux vaut donc s’alimenter à l’eau cristalline d’une source que de fines analyses certifient non polluée. Il s’agit d’André Urban, qui, probablement urbaniste, n’en est pas moins brillant économiste.

Dans le supplément « idées » du « Monde » du 20 avril 2017, André Urban signe un article ayant pour titre : « Hamon, novateur et positif, doit encore faire un effort »  et pour chapeau: « Le candidat du PS est le plus sincère et imaginatif, mais ses propositions fiscales peuvent aller encore plus loin ! »

D’emblée l’auteur annonce son choix : « Je voterai pour lui (Benoît Hamon) parce qu’il a des propositions novatrices, imaginatives, positives, contrairement à Jean-Luc Mélenchon qui brasse du vent aussi fort que son verbe est haut, et parce que voter pour Emmanuel Macron  lorsqu’on est de gauche est oublier que l’élection présidentielle en France comporte deux tours. Hamon est sans doute moins expérimenté que Mélenchon  en matière de campagne électorale, et moins brillant que Macron, mais il est plus sincère que chacun d’entre eux ; or les français ont plus que jamais besoin de croire en leurs dirigeants. »

Mais André Urban n’est pas naïf. Il décrit les causes de sa déception. La suite de son article est une longue énumération des points faibles  du programme de son candidat : Légèreté avec laquelle Hamon a conçu le financement de son programme et ses promesses onéreuses (suivent des conseils de rectification). Déception concernant ses propositions de démocratie participative qui ne remettent pas assez en cause le pouvoir exorbitant du Président de la V ème république. (suivent quelques remèdes). Il reproche à Hamon de dénigrer le figure de « l’homme providentiel » alors qu’Urban, et bien d’autres pensent l’avoir trouvé en lui.  

Urban conteste aussi  le recours éventuel au 48.3 qui prive d’initiative 99% du corps électoral et renforce le poids des lobbys.

Mais malgré toutes ces critiques d’importance, pour André Urban, Benoît Hamon est le meilleur, les innovations de son programme l’emportent largement sur les imperfections amendables.

Ainsi beaucoup d’électeurs ont découvert de suite, ou au cours de la campagne  dans ce que donne à voir Benoît Hamon, y compris dans ses imperfections, et peut-être surtout grâce à elles, notre futur Président.

Nous avons été stupéfiés devant la tromperie des apparences, lissées, policées par des experts en communication. Ces professionnels parviennent à élever à la probité des statues en bronze devant lesquelles vont devoir s’incliner les foules, alors que les personnages fabriqués sont de fragiles personnes qui cachent aux yeux de tous de sordides secrets.

Devenus méfiants, nous votons pour la générosité d’un programme bien sûr, pour son inventativité, mais aussi pour le sentiment d’authenticité que dégage le candidat à la présidence. Il nous est indispensable d’être en confiance.