Le parcours de Mélenchon, suite et fin

02/07/2017 13:33

Le parcours de Mélenchon, suite et fin

En septembre 2014, JLM lance un appel pour un grand mouvement populaire en faveur d'une Sixième République et déclare fin janvier 2015 être « disponible » pour l'élection présidentielle de 2017 et « si nous devions gouverner, je saurais le faire ».

Il annonce le 5 juillet 2015 qu’il entend être candidat à l'élection présidentielle de 2017, argumentant qu'il ne faut pas tourner « autour du pot : la présidentielle sera le moment de renverser la table. Parce que la Constitution de la Ve République est ainsi faite que, par un seul vote, on prend tous les pouvoirs100 ». Il confirme le 10 février 2016 sa candidature sur TF1en écartant sa participation à la primaire de la Belle Alliance populaire.

il lance le mouvement La France insoumise (FI), dont l'outil principal est une plate-forme internet participative. Elle permet de contribuer collectivement en s’appuyant sur le programme « l'Humain d'abord », dans lequel la VIe République, le partage des richesses, la planification écologique ou la sortie des traités européens constituent les thèmes directeurs.

Il termine finalement à la quatrième position, avec 19,58 % des voix, soit 7 060 885 personnes qui ont voté pour lui, derrière Emmanuel Macron avec 24,01 % des voix, Marine Le Pen avec 21,30 % des voix, et François Fillon avec 20,01 % des voix

Pour le second tour, opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron, il renvoie dos à dos les deux qualifiés, refusant d'appeler au « front républicain » (ce qu'il avait fait en 2002, appelant à voter Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen. Il appelle à la responsabilité de ses électeurs, tendant en grande majorité contre Marine Le Pen.

Le 26 avril, Jean-Luc Mélenchon décide de ne pas communiquer sur son choix personnel.

Élections législatives

Il conduit la campagne législative de juin 2017 pour son mouvement et annonce sa candidature à Marseille, un « parachutage »  dans une ville où il a recueilli le plus de voix lors du premier tour de la présidentielle, dans la quatrième circonscription face au député PS sortant Patrick Mennucci. Candidat précédemment investi par la France insoumise dans cette circonscription, Gérard Souchet regrette qu'il ne s'attaque pas à une zone de force de l'extrême droite : « Je pensais qu’il se présenterait dans la troisième où il y a un vrai défi avec le Front national. Mais son équipe est traumatisée par l'échec de 2012 à Hénin-Beaumont. »

Il est en ballotage au premier tour avec 34,31 % des voix, en première position dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, où il est opposé à Corinne Versini, du parti La République en marche ! Il est élu député au second tour, le 18 juin 2017 avec 59,85 % des voix exprimées. Chef du groupe la France insoumise composée de 20 députés.

Réflexions.

Si j’ai reproduit des morceaux choisis de la biographie de J.L.Mélenchon dans Wikipédia, c’est pour mettre en évidence ce qui me semble une constance dans le cursus de l’homme politique : sa grande difficulté à se soumettre à une autorité, à accepter le travail en équipe à moins qu’il n’en soit le chef. Autrement dit, son inaptitude à travailler avec d’autres, ce qu’en sport on appelle « jouer perso ».

Après sa radiation de l’OCI, sa très longue appartenance au PS, de 1976 à 2008, pourrait laisser croire en une adhésion sans histoire, en fait Mélenchon , n’a cessé d’être en permanente contestation : d’abord très attaché à Mittérrand, mais s’opposant violemment à Rocard, Chevènement et surtout M.N. Lieneman, avant de se retourner contre son mentor qu’il jugeait trop à droite, pour créer avec J.Dray « la Gauche socialiste ». Il s’est constamment opposé à la ligne politique du bureau, avec un moment de rupture essentiel qu’a été son échec de sa candidature au Secrétariat du PS, battu et profondément humilié par F. Hollande. Il a promit de ne jamais pardonner au vainqueur.

Avec H.Emmanuelli, il crée le « Nouveau Monde »,, mais enfreint le règlement en s’alliant au groupe Buffet, Besancenot, Bové. Puis il quitte le Nouveau Monde pour créer le T.U., le Trait d’union, et « Pour une République Socialiste ». Il s’unit à une motion d’Hamon aux idées duquel il adhère, mais la motion de Royal l’emportant, il quitte le PS en 2008.

Il crée le Front de Gauche dont il se sent vite dépendant et, homme politique reconnu, il peut à présent créer un parti qu’il aura totalement à sa main :  « La France Insoumise ». S’étant présenté à la présidentielle à titre personnel, il conquiert un nombreux auditoire en exploitant à fond les dysfonctionnements du « système » et en poussant son public à la haine non seulement envers les Institutions mais aussi envers les personnes. La violence de ses attaques démagogiques détourne de ses bonnes idées bon nombre de personnes, devenant l’ennemi de lui-même. Son audience fond. Comment défendre l’Humain, si lui-même est incapable de le respecter au quotidien ?

Ainsi le parti qu’il a créé risque d’avoir quelque difficulté à survivre si ses lieutenants ne parviennent pas à endiguer son mépris pour les autres.

Le mystère de ce comportement serait peut-être à chercher dans ce qui se cache derrière son pseudonyme « Santerre », celui qui a conduit un roi vers l’échafaud.