Le PS est-il en état de mort cérébrale

27/04/2017 10:11

 

Le PS a été un formidable mouvement qui a modelé la vie de la France durant des décennies, mais comme tout organisme vivant, il a vieilli. Il a pris des habitudes qui ont structuré sa vie mais qui aussi l’ont sclérosé. Ses cadres y ont, pour beaucoup, passé toute leur vie et se sont fonctionnarisés, devenant si respectables que leurs avis ne pouvaient être contestés comme ont pu le constater les frondeurs. Routine, perte de créativité. Bref le PS s’est fait vieux et n’a pas su apporter des réponses adaptées aux nouveaux enjeux de la modernité que proposaient les plus jeunes. Il s’éteint après avoir très généreusement servi son Pays. Honneur à lui.

Est-il vraiment mort ? Un diafoirus politique diagnostiquerait chez son impatient PS un collapsus ventriculaire et le mettrait en coma artificiel pour en sauvegarder le coprs, car si le PS a perdu la tête, la vitalité de son corps continue d’assurer la vie avec intelligence et générosité sur tout le territoire de la France, et pas seulement dans les cellules officielles du Parti, mais dans de nombreux autres secteurs. Va-t-il se reconstruire à partir de ces forces-là ? Ou en profiter pour repenser son action en fonction des nouvelles donnes ? A l’occasion des législatives par exemple ?

Car sentant la mort prochaine de l’ancêtre qui l’avait élevé, Hollande a concocté en secret un projet révolutionnaire : une politique nouvelle fondée non comme depuis si longtemps sur la bipolarité Droite / Gauche, mais sur un empirisme beaucoup plus réaliste et bien moins dogmatique : un « mouvement » qui repose sur le principe élémentaire de la marche. Comme dit la chanson « La meilleure façon de marcher c’est sûrement la nôtre, c’est de mettre un pied devant l’autre et recommencer !» Fini donc pour Hollande le cloche pied partisan du « droite, droite – gauche, gauche, » qui consiste à démolir ce que le prédécesseur a construit et à repartir dans des projets à court terme en fonction des prochaines élections. « En Marche donc pour le pragmatisme ! » a suggéré à voix basse Hollande à Macron, initiant l’enterrement de ce qui fut son parti.

Emmanuel Macron a pu profiter de son passage au Ministère de l’économie pour recueillir au cours de repas offerts par l’Etat les fonds nécessaires au lancement de son mouvement. L’ambition seule de Macron aurait été vouée à l’échec sans la haute bénédiction présidentielle.

Ainsi, François Hollande coula le bâtiment « P.S. » qui, lui ayant causé pas mal de souci lors de son quinquennat, l’estimait obsolète. Il espérait se débarrasser en même temps de Hamon, son inventif capitaine, mais frondeur chronique, qui risquerait de saper son projet de « mouvement ». Il suffira que, fidèle à la tradition, Hamon reste scotché à la barre de son bâtiment et disparaisse à jamais.

Ô combien de marins, combien de capitaines … »

C’est peut-être enterrer un peu vite le PS, et sous-estimer les ressources de son capitaine.