Le référendum catalan du 9 novembre

04/10/2014 17:10

Référendum catalan

 

Il se passe ces jours des choses importantes chez nos amis espagnols, que nous ne pouvons ignorer : la mise en place ou non d’un référendum en Catalogne le 9 Novembre.

Cette consultation du peuple peut être vécue comme l’écho du référendum écossais. Or si celui-ci s’est soldé par le désir d’une majorité de citoyens de demeurer au sein du Royaume-Uni, malgré le très fort souhait du contraire de la part d’une importante minorité, je ne pense pas que les deux actions puissent être comparables. Chacune a bien sa spécificité.

Certes, dans les deux cas il s’agit de peuples possédant une identité forte, s’exprimant dans une langue bien à eux, forgée au cours d’une histoire plurimillénaire. Mais dans le cas de l’Ecosse, les relations avec l’Angleterre sont relativement pacifiques depuis quelque trois cents ans. Alors que c’est tout le contraire dans l’Histoire espagnole. L’Espagne ressemble plus à une fédération d’états, fortement originaux et qui n’ont cessé de s’affronter et de conclure des compromis instables. Mais surtout, la guerre civile, du 13 juillet 1936 au 1er avril 1939, a laissé des blessures qui sont loin d’être cicatrisées. Ce conflit jeta dans un affrontement terriblement sanglant deux blocs  qui, vu par l’homme de Gauche que je suis devenu, se résument au départ par un Pouvoir central riche, autoritaire, arrogant, épaulé par l’armée, et des peuples réprimés, méprisés,  pauvres, affrontant quasiment à mains nues un adversaire lourdement armé, soutenu par l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie. Et finalement perdant.

Suivent 36 ans de dictature, que même le jeune homme peu politisé que j’étais alors, méconnaissant la situation, au cours d’un séjour de trois semaines en Catalogne espagnole, ressentit la violence de la situation. Ce fut une découverte qui contribua à éclairer les choix que j’aurais à faire par la suite.

Or l’exécutif catalan qui a décidé d’organiser un référendum le 9 novembre,  donnant  ou non son indépendance au peuple, se voit interdit d’une telle démarche, sous prétexte d’anti-constitutionnalité.

Moi qui n’ai aucune compétence en Droit  mais dont la profession m’a appris que tout être humain est normalement voué à la liberté de pensée er d’action, dans le cadre des droits de l’Homme, estime que refuser à un peuple son autodétermination ne va pas dans le sens de la vie. D’où ma question :

N’est-ce pas la Constitution espagnole qui (encore empreinte de la longue expérience de dictature) est anti-constitutionnelle ?