Le referendum qui ferait de la France une démocratie

11/01/2017 09:28

 

 

La lettre ci-jointe envoyée au président de la République, le 21 décembre 2016, en recommandé, propose à François Hollande de réparer une injustice institutionnelle qui vicie profondément le dispositif de représentation parlementaire de notre pays.

Le système actuel dote  la France d’un régime oligarchique, qui confie à des gens fortunés le pouvoir de définir le mode de vie non seulement de leurs semblables mais aussi des personnes au revenu modeste ou même très insuffisant.  Or ces personnes qui représentent l’immense majorité de la population et qui par leur travail assurent l’essentiel de la richesse du pays éprouvent des contraintes et des aspirations viscéralement méconnues des nantis censés les représenter. Ces personnes ne peuvent se faire entendre d’un Pouvoir qui vit dans un autre monde et qui, au mieux, ne peut qu’être paternaliste. Cette situation  insultante rend inutile et même absurde pour beaucoup la participation aux élections, et incite les plus désespérés à trouver par eux-mêmes des solutions pas nécessairement légales à des problèmes créés par des lois inadaptées.

Cette lettre propose un dispositif, sans doute anticonstitutionnel en l’état, qui ferait que les personnes au revenu modeste puissent élire des personnes issues de leur milieu, qui partagent les mêmes difficultés et espoirs, et qui sauraient trouver des solutions.

Un référendum proposant ce dispositif et que la majorité des électeurs cautionnerait révolutionnerait non seulement le paysage politique, mais la politique elle-même.

Alors nous pourrions rêver à des cartes électorales tricolores pour tous, les écarts de ressources entre les citoyens s’étant réduits, le statut d’aisés s’étant généralisé.

Non ce ne serait pas pour demain, et même après-demain, mais tout juste après. Qui sait !

 

Ce 21 décembre 2016

 

Monsieur le Président,

 

En décidant de ne pas briguer un second mandat, vous avez stupéfié les citoyens du monde entier si habitués à voir leurs dirigeants s’accrocher désespérément  au Pouvoir. Vous nous avez donné une magnifique leçon de démocratie et de sagesse.

Ce faisant, vous vous êtes ouvert jusqu’à la fin de votre mandat un espace de liberté, interdisant à vos détracteurs systématiques de vous soupçonner d’œuvrer dans votre intérêt.

Or, votre renoncement a suscité chez moi un immense espoir, d’où cette lettre.

Je me désespérais de voir la France fonctionner en oligarchie, la Chambre des députés étant constituée d’une grande majorité de cadres supérieurs ou de profession libérale, d’une petite minorité de cadres moyens ou enseignants et d’un unique ouvrier agricole. Toutes ces personnes peuvent avoir très sincèrement les meilleures intentions, il leur est impossible de connaître autrement qu’intellectuellement, et non viscéralement, les conditions de la vie quotidienne de la grande majorité de la population et d’apporter des solutions politiques adaptées aux problèmes et espoirs manifestes.

Ces millions de personnes ont le sentiment  de ne pas être entendues, que leur voix se perd dans le désert, et elles sont désespérées et ne voient pas l’utilité de voter. D’où un taux d’abstention élevé. Ou bien elles livrent leurs espoirs aux organisations démagogiques extrêmes : ainsi sont nés le Brexit en Grande Bretagne, un Trump au USA, et en France le FN se sent pousser des ailes.

C’est dire si mon espoir repose sur vous : il me semble que ces mois-ci se présente l’occasion unique, inespérée, audacieuse, de faire de la France une véritable démocratie.

Une première décision serait sans doute nécessaire et possible qui faciliterait les échanges : supprimer la pléthore de députés.

Si l’on compare la France aux USA (d’avant Trump) qui, pour 300 millions d’habitants, comptent 100 sénateurs et 435 représentants, alors que la France pour 60 millions d’habitants, possèdent 350 sénateurs et 577 députés, nous ne pouvons que constater que notre pays vit très largement au dessus de ses moyens. Beaucoup de citoyens doutent de l’utilité des sénateurs, faut-il les supprimer ? (20 + 30 + 50 = 100)

Mais il semble indispensable de réduire le nombre de députés et de les limiter à 300.

Afin que ces 300 députés portent les vœux de l’ensemble des français et légifèrent en ce sens, nous disposons d’un indice objectif qui décrit la grande disparité des situations et intérêts et permet une plus juste représentation : la feuille d’imposition.

Ce document permet de constater l’existence d’une minorité de très riches citoyens, d’une grosse minorité de personnes aisées et d’une très grande majorité de personnes qui parviennent à vivre correctement ou survivre (5 à 8 millions qui vivent sous le seuil de pauvreté). C’est un fait indéniable, non un jugement de valeur, mais un constat qu’il est possible de concrétiser en répartissant les électeurs en 3 collèges : les fortunés, les aisés, les laborieux.

Chacun de ces collèges se verrait représenté par un nombre proportionnel de députés.

Ainsi 1/6 pour les fortunés, 2/6 pour les aisés, 3/6 pour les laborieux soit

Les fortunés      :   50 députés     Bleu

Les aisés           : 100 députés     Blanc

Les laborieux   : 150 députés     Rouge

Pour organiser les élections par collèges, une des couleurs du drapeau français les distinguerait et en rappellerait la symbolique : la réunion en une seule nation de forces antagonistes.

Tout le matériel électoral  (carte de chaque électeur, panneaux d’affichage des candidats et leurs tracts, bulletins, urnes…) porterait la couleur des trois collèges.

Si  je suis parvenu à vous convaincre d’être celui qui ose opérer cette révolution, il me semble que l’organisation d’un référendum demandant aux électeurs de cautionner ou pas ce dispositif, mis en œuvre dès la prochaine élection présidentielle, constituerait un coup de tonnerre dont l’importance n’échapperait à personne : la totalité du peuple aurait ses représentants et la France serait redevenue une démocratie.

Certains pourraient reprocher à ce dispositif de diviser le pays, refusant hypocritement de reconnaître que c’est l’actuel qui crée divisions et injustices. Mais il serait facile de démontrer que dans le quotidien personne n’est dupe : les trains de vie ne roulent manifestement pas sur les mêmes voies ni ne traversent les mêmes paysages.

Voici, Monsieur le Président, ce que je me permets de vous soumettre.

J’ai d’autant plus l’audace de vous adresser cette supplique que, si elle se réalise, j’aurai peut- être (j’ai 88 ans) la satisfaction de savoir que la France, dont mes enfants et leur descendance, verra s’ouvrir grâce à vous un horizon de promesses.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes plus respectueux hommages.