Le rêve caché d'un escroc

29/06/2016 18:23

 

 

Fort de la remarque de Descartes avançant dans son introduction au Discours de la Méthode que « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée. » j’ai longtemps pensé que la démocratie reposant sur le grand nombre était la meilleure façon de gouverner un Pays.

Puis l’élection d’un Sarkozy m’a fait douter du bienfondé d’une telle croyance. Comment un peuple peut-il être si peu sage qu’il élise à sa tête un escroc patenté ? Mais voyant l’homme à l’œuvre, j’ai compris que là était précisément la qualité de l’escroc, abuser les honnêtes gens en se faisant passer pour l’un d’eux. Avoir du bon sens n’exclue pas des moments de faiblesses, y compris collectifs. La meilleure preuve est que les Français n’ont pas récidivé. (Pour moi le président suivant n’est pas un escroc, mais simplement un culturiste qui a confondu gonflette et solidité.)

Donc,  mon choix de privilégier démocratie à dictature ne fut pas remis en cause.

Devant la victoire des tenants du Brexit, devrais-je de nouveau remettre la démocratie en question ?

Je ne le pense pas. Le peuple britannique là encore ne s’est pas trompé. Il a voté sa sortie de l’Europe parce qu’il est majoritairement nationaliste, ce qui pour moi signifie xénophobe. Ce peuple encouragé par son insularité et son Histoire coloniale reste campé sur des positions archaïques qui favorise la peur de perdre sa superbe, d’où la haine de l’étranger.

 J’ai donc le sentiment que Boris Johnson a pu raconter tous les mensonges qu’il voulait tromperie volontaire sur la somme hebdomadaire versée à l’UE, ou sur la maitrise des entrées d’immigrés, ou n’importe quelle idiotie que le personnage sort régulièrement, parait-il, pour se distinguer des autres, et en particulier de David Cameron, son copain d’enfance qu’il a toujours envié, surtout depuis que celui-ci est premier ministre.

Le peuple britannique, nationaliste, xénophobe, ne souffre pas de devoir partager. Il suit la pente de la facilité, celle de l’égoïsme, et non de l’intelligence, accepter l’Autre en tant que semblable, et faisant partie de l’Humanité, ce qui est démarche volontaire, et donc difficile.

Mais en votant ainsi il se pourrait bien que le peuple britannique se soit fait manipuler par la mégalomanie d’un homme qui rêve d’un pouvoir autrement plus étendu que celui qui s’est rétréci au fragile Royaume-Uni.

Or, alors que réunir des hommes d’Etat au programme surchargé doit être bien difficile, lundi dernier, le lendemain même du Bréxit, les ministres des affaires étrangères ou des hauts-fonctionnaires de dix pays se sont coalisés à Varsovie.

Autour du représentant du Royaume-Uni se rassemblaient la Pologne, la Hongrie, la Roumanie, l’Espagne, la Grèce, la Slovénie, la Bulgarie,  la Slovaquie,  l’Autriche.

Que s’est-il mijoté au cours d’une telle réunion si ce n’est qu’esquisser la création d’un groupe soutenant le Royaume-Uni ou soutenu par lui pour contrer une entente dessinée à Berlin le 25 juin par les ministres des affaires étrangères des six pays fondateurs de l’UE (le Monde de ce jour).

L’Angleterre en s’activant en coulisse semble ne pas avoir dit son dernier mot. Ne tenterait-il pas de couler définitivement le bâtiment Europe, pour former une flottille concurrente dont elle  deviendrait le Bateau-Amiral.

Nationaliste mais pas idiot !