le second tour, simple formalité

14/06/2017 14:42

Second tour, simple formalité !

La moitié des citoyens français s’émerveille devant le surgissement d’un fringant jeune homme, inconnu jusqu’alors, frais émoulu d’une quasi école de commerce, et qui s’impose comme PDG, sans discussion possible, à la tête de la SELARL (société d'exercice libéral à responsabilité limitée) FRANCE.

Jusque là, ce qu’on appelait « la France » était un gros « machin », comme l’aurait appelé mon général, amorphe, tiré à hue et à dia par des gens qui, tous,  en la déchirant, lui voulaient du beaucoup de bien. La chienlit quoi !

Le petit jeune homme qui venait d’un milieu où un sous est un sous, et un ordre, une parole qui ne se discute pas, découvrait, étonné, les  délices surprenant du doux bordel de l’Elysée. Il eut alors l’idée d’organiser autrement cette vénérable et chancelante Maison, d’en faire (et damnation !) le Siège Social d’une entreprise new look, progressiste, pro-européenne, en bonne place dans le panier de crabes de la mondialisation. Lui vint alors comme souvent, l’idée un peu folle de conseiller à son hôte de prendre une retraite bien méritée, de le nommer, le 26 août 2014, ministre du commerce, sa spécialité, d’utiliser le budget de son ministère à organiser des repas servant à recueillir les fonds nécessaires à son projet.

Le 6 avril 2016, il est fin prêt. Il convoque les média dans sa bonne ville d’Amiens et annonce sa candidature à la présidence de la République en même temps que la création de l’association « En marche ».

Il a recruté des chasseurs de tête qui vont lui sélectionner les meilleurs représentants commerciaux parmi la foule qui, pour beaucoup,  se sentent soudain le droit de s’intéresser à la politique.

 Fin prêt, Macron, âgé de 38 ans, lance son premier meeting le 12 juillet 2016, à la Maison de la Mutualité à Paris et, face à 2.000 personnes, allume un feu de joie et d’espoir auquel ne cesseront de se joindre des milliers d’autres fans.

C’est parti !

Zeus est avec lui, qui élimine l’intégriste favori, qui lui trouve un anarchiste chauffeur de salle réveillant la jeunesse, qui lui offre une adversaire incompétente lors du dernier combat.

Le triomphe !

Et pas seulement national. Confiant la maison à son fidèle DG, Macron va jouer les gros bras à l’international en défiant imprudemment le minuscule Trump.

Reste la toute dernière étape, de fait, une formalité : Terminer de faire le plein de ses représentants commerciaux qu’il a sélectionnés et qui, normalement, devraient être à sa botte. Il aura enfin les mains libres pour mener le pays en parfait manager, en vrai professionnel, en PDG compétent.

Certes, plus de la moitié des électeurs ne s’est pas prononcée. Ce sera le défi à relever. Mais là encore, le calendrier lui sera favorable : le bac qui polarise l’attention de beaucoup, les vacances estivales et la diversion du Tour de France, la rentrée et la reprises des compétitions diverses, des émissions people qui anesthésient….

Les réformes auront eu le temps d’être adoptées sans aucun problème à l’Assemblée.