Le verre à moitié vide du MONDE

04/10/2015 15:25

 

Depuis quelques années, alors que je suis lecteur du Monde depuis bien plus longtemps, j’éprouve un malaise en  lisant. ce quotidien.

J’attribuais ce sentiment diffus à ma propre évolution, porté sur une critique de plus en plus exigeante, ou sur l’accumulation  de mauvaises nouvelles de tous ordres qui accablent la planète. Pourtant je me devais de reconnaître que cet organe de presse manifestait encore un grand souci d’objectivité que je trouvais moins dans le reste de la presse, trop souvent évidemment partisane et donc biaisée.

Et puis hier, samedi, je reçus le numéro du week-end. Et le premier titre placé en tête de la Une, m’apporta un élément de réponse.

Le titre en question est : « Croissance : la France reste à la traîne »

Puis, saisi d’une intuition, je dégageai  le supplément ECO&ENTREPRISE ;

Or le titre de sa Une : « France : la reprise manque de tonus » était illustré par une photo crépusculaire, sombre, à contre-jour, où s’affairaient deux silhouettes juchées sur un échafaudage au dessus du toit  d’un bâtiment. Seule une ouverture sans doute destinée à devenir fenêtre permettait de se demander si, comme dans les films muets d’antan,  la façade n’était qu’un décor sans profondeur, puisqu’elle laissait voir les étais de l’échafaudage de l’arrière plan.

L’impression que me laissait et le titre et la photo était plutôt sinistre, balançant entre construction ou démolition.

En voyant le titre du quotidien, je m’étais spontanément dit : et pourquoi pas :

                    « LA FRANCE : PEUT MIEUX FAIRE » ?

Ce titre n’aurait pas, me semble-t-il, altéré l’essentiel de l’information, exprimant une insuffisance, certes, mais aussi un espoir. Elle aurait simplement témoigné d’un autre état d’esprit du rédacteur.

De même pour le second titre. Quelque chose comme :

               « France : une reprise à muscler »

Et j’aurais mis une photo du même chantier, mais lumineuse celle-là, prise en pleine lumière solaire, avec deux costauds transpirant.

Ainsi, je trouve que depuis plusieurs années, le Monde participe activement à une dégradation de l’idée de la France, s’attelant à la mise en relief de ses aspects négatifs.

Je ne dis pas que tout va très bien, Madame la Marquise, mais que tout en informant des difficultés, importantes, que nous vivons, cette lucidité devrait permettre de chercher comment en sortir car les solutions ne manquent pas, mais la mesquinerie humaine s’empresse de les neutraliser comme obéissant à un slogan disant : « Plutôt mourir que laisser la solution à l’autre ! » Là me semble-t-il est le vrai problème. 

Sinon, rédacteurs du Monde, donnez clairement à vos lecteurs les différents modes d’emploi d’un suicide collectif.

Vous pourriez enfin mettre à la Une :

FRANCE ? PLUS DE PROBLEME, ELLE EST MORTE