Les imposteurs

16/10/2014 12:37

Les imposteurs

                         Difficile pour un citoyen ordinaire de se faire une idée juste dans des secteurs quelconques de l’activité humaine dont lui-même n’est pas spécialiste. C’est seulement lorsqu’il tombe sur l’avis qu’un journaliste émet dans un domaine où la personne a quelques compétences qu’elle se rend compte de l’inexactitude, voire de la totale fausseté de ce qui est avancé comme vérité absolue. Or chacun de nous a au moins une expérience précise, argumentée, qui lui permet d’affirmer la justesse de sa certitude face à l’erreur de quelqu’un qui se prétend expert. A partir de ce constat, la personne se fait prudente et se garde bien d’adhérer sans contrôle à tout point de vue émis.

Or si, en général, je suis impressionné par le travail très souvent rigoureux et bien argumenté des journalistes de Médiapart, il m’arrive d’être mal à l’aise face à des articles dont le but me paraît être d’affirmer l’existence de leur auteur plus que la pertinence des  idées.

C’est ce que j’ai éprouvé en lisant l’article de Laurent Mauduit : « Jean Tirole, prix Nobel des «imposteurs de l’économie».

 

Je sais que l’article est écrit sous la rubrique « Parti pris » qui peut laisser entendre une partialité assumée, c'est-à-dire une prise de position ferme,  incontestable et apriori qu’ensuite il s’agit d’argumenter et de défendre contre vents et marées. C’est faire d’une « intime conviction » une opinion à imposer.

 

Or certaines prises de position de Laurent Mauduit m’avaient déjà dans le passé, fait cette désagréable impression, notamment dans ses attaques de Cambadélis.

 

Or là, même malaise. Comme si le succès d’un homme autre que soi-même était intolérable, parce qu’on a prouvé de longue date qu’il était immérité. La meilleure preuve de l’allégeance du lauréat à la Finance mondiale, qui défend donc les « gros » au détriment des « petits » : ce prix Nobel est la récompense d’une banque !

 

Ce billet, si d’aventure Laurent Mauduit le lit, sera d’autant plus facilement balayé d’un revers de main si je dis que l’éditorial du concurrent maudit, le Monde, titrant «Jean Tirol, le Nobel pour un économiste entrepreneur » m’a davantage intéressé, me paraissant plus objectif. Tel est mon parti pris à moi.