L'Etat d'Israël : une machine de guerre

14/10/2015 00:12

 

Bien que, comme toute personne s’intéressant à l’actualité, et n’étant que simple témoin, outré il est vrai, de la guerre qui oppose l’état d’Israël à l’état palestinien, ce conflit me paraît se différencier totalement de ceux qui se sont livrés sur terre dans le passé ou explosent aujourd’hui de par le monde.

J’ai la conviction que cette guerre trouve sa raison d’être dans la spécificité même des origines du « peuple juif. »

Un homme, Abraham, s’il n’est pas que mythique puisqu’il serait né en 1812 avant l’ère chrétienne, doté sans doute d’une très forte personnalité, serait le fondateur de ce peuple.

Car, sorte de confident terrestre et privilégié du Dieu unique, Abraham se serait vu confier la charge d’organiser sa famille étendue de telle sorte qu’elle s’assagisse. Il aurait alors conclu pour ce faire un pacte avec son auguste Supérieur en faisant obligation à tout mâle déjà né ou à naître, y compris lui-même et les esclaves, de se faire circoncire le prépuce.

Cette mutilation aurait authentifié concrètement l’adhésion de chaque mâle au contrat avec Dieu, et son appartenance à ce peuple ainsi élu.

Côté divin, l’intérêt du pacte, serait de sélectionner un peuple qui enfin adore ce Dieu et le reconnaît comme étant l’Unique (ce qui paraissait être à l’époque assez original), un peuple qui respecte une éthique strictement définie, et qui lui serve d’interlocuteur en recueillant sa Parole. Ce que fera Moïse.

Côté humain, le contrat ne peut qu’apporter une certaine fierté d’appartenir ainsi au « peuple élu », même si cela comporte plus de responsabilité que d’honneur. Il garantit au peuple la sollicitude divine ainsi que la pérennité. Il lui assure la propriété – de droit - d’un territoire.

Le contrat paraît si exigent que Dieu met à l’épreuve Abraham en imposant à son cosignataire de lui sacrifier son fils. Rien que ça !

Fort heureusement, le secrétaire particulier de sa Sainteté serait intervenu au tout dernier moment pour substituer au jeune homme un bélier. Abraham venait de prouver à son supérieur qu’il était fiable, qu(il ferait en sorte que son peuple tienne lui-aussi ses engagements.

A partir de là, toute une organisation très serrée se mit en place.

Il semble que l’une des priorités se concentra sur la constitution même du groupe.

Le principe décidant de qui allait faire partie de cet ensemble d’individus pourrait s’appeler aujourd’hui, la xénophobie.

Il fallait impérativement que les mariages ne se fassent qu’entre personnes du groupe. Un homme ne devait acheter pour épouse qu’une femme juive.  Pas question d’étrangères.

Pas question non plus pour une juive d’avoir une relation sexuelle avec un étranger. Lapidation !

Si elle trompait son mari, strangulation ! Pour l’amant, lapidation !

S’il prenait l’envie à un juif de faire un enfant à une étrangère, qu’à cela ne tienne, mais l’enfant ne faisait pas partie du groupe. Ça n’était pas un juif.

La seule certitude de naître juif ou juive venait du fait de sortir du ventre d’une mère juive et d’avoir été conçu au sein de la famille. Ainsi se constituerait progressivement une immense communauté adorant le même Dieu, pratiquant les mêmes et très exigeants et codifiés rituels, et ne comportant donc aucun étranger. La pureté, quoi ! On reste entre soi ! Ouf !

Je n’ai pas connaissance qu’il en soit ainsi au niveau planétaire chez d’autres communautés, religieuses ou non. Suis-je mal informé ?

Bien qu’ayant eu des amis juifs, qu’ayant participé au mariage religieux de ces amis, je ne tiens essentiellement ces informations que de Wikipédia. Je les espère exactes.

Mais, si donc ces informations sont exactes, je ne vois pas comment un Etat qui s’organise en se proclamant israélite, et finalement israélien, pourrait échapper collectivement à la paranoïa.

Comment un Etat qui exclut de son sein tout étranger pourrait ne pas craindre des agressions de toutes parts et notamment des peuples les plus proches qui ont eu l’audace d’occuper durant des millénaires une terre que cet Etat considère comme sienne, celle de ses ancêtres, le lieu sacré du Temple de son Dieu, l’Unique.

Cet Etat ne peut qu’être en guerre permanente avec le monde entier. D’où la nécessité de s’équiper des armes les plus meurtrières, de génocider le peuple de Palestine. Une fois cette extermination accomplie, d’autres peuples deviendront automatiquement plus proches, et, à leur tour,  ennemis.

Cette paranoïa ne date pas de ces derniers jours. Ainsi un spécialiste a pu écrire, le 12 août 2014 sur Médiapart l’article suivant :

 

Israël, l'éternel dissident international

Jean-Claude Woillet, ancien expert consultant des Nations Unies, explique en quoi Israël ne respecte pas les termes de son adhésion à l'ONU, les Conventions de Genève, la Déclaration universelle des droits de l'homme et les résolutions adoptées chaque année pour lui demander de respecter ses engagements, et le droit international.

 

Israël ne se comporte pas comme un membre solidaire de la communauté internationale. C'est un dissident qui défie les résolutions et viole le droit international. Cet État n'a rien à faire au sein de l'ONU, reflet de cette communauté internationale.

La guerre récente menée par l'armée israélienne contre le territoire de Gaza, qui a détruit des vies humaines de tous âges, qui a détruit des maisons, des champs, ainsi que des oliviers – symbole de paix figurant sur le drapeau des Nations unies –, doit être reconnue pour ce qu'elle est : une agression meurtrière. La reconstruction dans le territoire de Gaza représentera au moins l’équivalent du budget régulier des Nations unies pour deux ans. La communauté internationale doit s'y engager, en appuyant tout particulièrement les efforts de l’UNRWA. Autre solution : la Palestine paie les dégâts causés par les roquettes tirées et Israël les destructions causées par son armée dans le territoire de Gaza ! 

Jean-Claude Woillet, ancien expert consultant des Nations Unies.

 

Et ce jeu de massacre ne pourra cesser qu’avec la mort du malade,

c'est-à-dire d’Israël.

A moins que…

A Moins qu’Israël ne parvienne à guérir de sa paranoïa

J’ai été psychologue clinicien et ne connaît cette terrible pathologie qu’en rencontrant des personnes individuelles. Guérison ? J’ai, comme les collègues, espéré et tenté de faire en sorte que…

Guérison de tout un groupe ? D’une nation entière ? Très problématique !

Et pourtant, si Israël ne parvient pas à reconnaître les étrangers  comme des êtres humains à part entière, il mourra.

Si Israël ne peut pas adhérer à la chartre des Droits de l’homme, il disparaîtra.

Il ne s’agit pas là de question religieuse. La chartre des Droits de l’homme précise le droit pour chacun de pratiquer une religion, qu’elle ait pour Dieu, Yahvé, Allah, Jésus, …ou personne. Par contre cette chartre reconnait tout Autre comme personne, sans ostracisme.

C’est vrai qu’il y a peu de temps, en France, les mariages « mixtes » c'est-à-dire entre personnes de religions, de milieux différents avaient mauvaise réputation. Il semble que cet interdit se soit notablement assoupli. Israël est-il capable d’une telle ouverture.

Je crois qu’il y va de sa survie.