L'étranger

23/09/2015 13:22

Durant des années, nous, citoyens du monde, avons été les témoins impuissants du drame de personnes -  individus, familles, villages, régions – chassés par la misère ou par des malades tentant de prouver leur puissance à défaut de leur intelligence.

Or enfin, l’Europe, par ses ministres de l'Intérieur,  vient d’adopter avec une très large majorité, un plan de répartition de 120 000 migrants dans l'UE.

Il est vrai que les gouvernements européens de l’Est ont refusé de signer ce contrat, trop dépendants  encore d’un passé soviétique dont  le massacre de millions d’opposants ne troubla pas la conscience.

Ce refus doit nous rappeler la complexité de notre statut d’ «  humain ».

Nous sommes globalement heureux de la richesse que ce statut nous accorde, permettant à l’Espèce des productions sublimes de sensibilité, de beauté, d’harmonie que chacun de nous savoure, à travers lesquelles chaque personne se retrouve.

Mais nous sommes moins fiers de sentir grouiller en chacun de nous de sombres et malsains désirs qui peuvent  nous conduire à la haine de nous-mêmes. Celle-ci, trop encombrante,  nous fait déplacer cette  violence sur l’Autre, l’Etranger , l’Inconnu, qui vient menacer ce qui devient confort.

Nous devons nous faire violence pour accueillir finalement cet Autre nous-même,  si différent et  pourtant  si proche de nous.

Nous, européens, venons enfin de réaliser cette reconnaissance, et accepter de partager un peu de notre confort.

Un grand pas, celui-là, qui, en vaut bien un autre.