L'HONNEUR DE JEAN-PIERRE MASSERET

10/12/2015 13:20

 

Enfin un homme d’honneur dans la classe politique. Bien sûr qu’il y en a d’autres mais qui sont muselés par leur appartenance à un groupe dont ils se sentent solidaires. Mais lui reste fidèle non à des politiciens qui n’ont pas entendu le « petit peuple », mais à ses convictions intimes de démocrate pour qui « liberté, égalité, fraternité » ne sont pas des slogans de publicitaires, et des attrape-gogos.

Il résiste aux pressions des combinards de ce qui était son parti qui préfèrent marchander avec des personnes, au demeurant respectables, mais qui ne partagent pas les priorités de la Gauche de privilégier l’humain à la Finance.

Il entre en résistance et le lorrain que je suis en est fier.

J’ai travaillé quelques années au Houillères du bassin de Lorraine et ai découvert et partagé un peu de la vie des apprentis-mineurs, des porions et mineurs qui les encadraient. Or ce que j’ai appris, c’est que depuis les débuts de l’ère industrielle, les gens qui travaillaient à la mine et le payaient de leur vie, moins par les accidents et coups de grisou que par l’encrassement insidieux de leur poumon donnant la silicose, j’ai appris que ces gens-là avaient, dès le départ  été recrutés chez les paysans de la surface et furent commandés par des français « de l’intérieur ». Puis lors de l’annexion de la Lorraine, ce furent des ingénieurs allemands qui prirent le relai. Les français « de l’intérieur » revinrent après 18. Ainsi les paysans-mineurs furent toujours soumis à de dures conditions de travail par des étrangers au pays, jamais par des gars sortis de leur rang,  Soumission permanente et quasi totale car tout, maisons, écoles, églises, hôpitaux, commerces, appartenait aux Houillères.

Lorsque, par le jeu de la mondialisation de la Finance, les capitaux s’enfuirent, les cadres les suivirent sans problème. Restèrent sur le carreau, seuls et démunis, les « petits » convertis en chômeurs, honteux de ne plus gagner leur vie au prix de l’effort.

Mines de fer et sidérurgie accolées aux houillères périclitèrent de la même façon.

Les « petits » croupirent, désemparés, dans les bassins du Nord et de Lorraine dévastés. Peu d’autres régions de France connurent aussi massivement le même sort. Et les socialistes parisiens, très affairés et gorgés de leur importante mission que confortaient les ors des salons, oublièrent ou ignorèrent superbement ce petit peuple fier et donc silencieux qui refusaient de quémander mais n’en pensaient pas moins. Que pensaient-ils ? Leur réponse aujourd’hui passe par le FN ! Le PS qui aurait dû les comprendre les a ignorés. Si trahison il y a, elle ne vient pas de la part de Monsieur Masseret, mais bien des instantes dirigeantes du PS. Et le PS (mais c’est encore pire à droite qui en tiraient de solides bénéfices pécuniaires) refuse aujourd’hui de reconnaître leur déroute, au sens étymologique du terme, rejetant la faute sur autrui.

Or Jean-Pierre Masseret ne renonce pas à ses idéaux. Il délaisse les calculettes parisiennes pour clamer haut et fort, sans faiblir, l’idéal républicain qui l’anime.

Monsieur Masseret, Chapeau !