l'humanisme

04/09/2014 01:16

Le dicton qui prétend, sans doute à juste titre, que les voyages forment la jeunesse, sous-entend peut-être qu’ils nuisent à la vieillesse. C’est ce que je ne cessais de penser depuis quelques années, devenant casanier. Or ce week-end m’a prouvé que j’avais tort. J’ai fait un (petit) voyage qui m’a fait découvrir un très beau monument et un peu de l’histoire d’une région, et qui s’et terminé par une grande fête entre amis dans un château très particulier.

La région : un petit coin d’Auvergne, et plus précisément la jolie ville d’Issoire. Et le monument que j’ai découvert est une de ces abbatiales dont ce pays est riche, un splendide monument de style roman, aux origines lointaines, un de ces joyaux que l’on quitte à regret.

Assis à l’entrée de la vaste nef dont les nombreux touristes ne troublaient pas le silence, je contemplais la magnificence du lieu. J’imaginais les milliers d’artisans qui ont mis leur habileté et leur cœur au service de leur foi et ont réalisé ce chef d’œuvre par amour pour leur Dieu.

Or la veille je m’étais réjoui de la parution d’un livre  qui imagine un Jésus seulement homme et non Dieu. De plus, je prétends dans ce roman que les religions sont une des principales sources de guerres.

L’extraordinaire beauté de cet édifice me donnerait-elle tort ?

Je ne le pense pas. Je crois au contraire que la passion qui a animé ces fidèles dans l’édification de cette abbatiale est la même que celle qu’ils ont mis à combattre les ennemis de leur foi.

Chaque religion représente la lecture de l’immémorial récit de l’univers qu’un peuple a construit, et qui constitue une partie de l’identité de chacun de ses membres. La contester, c’est menacer le peuple et sa culture, c’est ébranler la personnalité de ses fidèles. C’est inadmissible ! Intolérable ! Et ça justifie qu’on tue ou qu’on se fasse tuer.

Or ce pays et cette magnifique abbatiale ont été le théâtre d’atrocités commises lors des « guerres de religion ».

Puis, le soir même, je me suis retrouvé dans un lieu que, lui, je connais bien pour y avoir animé divers stages. Le château de Goutelas. Un lieu magique du Forez, ressuscité voilà une trentaine d’année par une armée de bénévoles. Duke Ellington participa à l’inauguration de sa restauration. Or ce château a ceci de particulier que, bâti au bord de la plaine du Forez, l’implantation de ses bâtiments  forment un H, le H de Humanisme et il est raconté que ses bois ont inspiré le paysage imaginaire de la carte du tendre.

Or ce château, qui était en ruines, est devenu dans la région le symbole de l’humanisme. Des notables lyonnais sont parvenus à susciter un vaste élan de solidarité qui a mobilisé si puissamment la région qu’une vie associative y est à présent florissante. Point n’est besoin d’un dieu pour inciter les humains à s’entraider. Les hommes de tous pays s’y rencontrent, ayant en commun des valeurs universelles.