L'Humanité est-elle foncièrement mauvaise ?

28/05/2016 17:30

 

Je vis une période remplie d’interrogations anciennes mais dont les réponses, dans l’état actuel de mes connaissances, se révèlent  plus claires et beaucoup plus inquiétantes. M’apparaît que l’humanité se comporte sous l’emprise de cette idée que les humains sont essentiellement mauvais, et que la seule manière de rendre meilleure cette humanité est de la terroriser.

« Les humains sont essentiellement mauvais ?» Le spectacle que nous offre l’Histoire me semble émaillé en permanence de la violence sous des formes si variées que par ce seul fait l’humanité fait la preuve de sa grande intelligence et créativité. Les indubitables qualités de cette espèce animale se mettraient donc au service de la haine et de la destruction, peut-être même au point de risquer son autodestruction.

Quelque chose en nous nous fait dire que c’est bien dommage et que c’est du gâchis.

Alors, il y a des millénaires de cela, une réaction s’est organisée chez quelques personnes appartenant à une tribu. Elle a consisté à inventer une Force unique et redoutable, immatérielle, inaccessible, qui serait capable de terroriser tellement les congénères que ceux-ci lui obéiraient. Ça a donné un Yahvé et une religion terrible, aux ambitions modestes car ne visant pas à l’universalité. Parvenir à amender les gens d’une petite tribu leur semblait déjà en soi être un exploit. Le peuple se référa aux légendes ancestrales dans lesquelles il puisait ses idées, et se dota de règles strictes qui organisaient les moindres détails de sa vie. Et ça marcha !

Il suffirait pour faire passer la pilule amère de prétendre que ce petit peuple est l’élu, parce que le meilleur, et l’affaire serait faite.

Mais après quelques milliers d’années de soumission, un homme eut l’idée de contester la violence des effets secondaires de cet esclavage, notamment l’ambiance délétère induite par le devoir de délation. Le message de cet homme qui prônait la tolérance et le respect d’autrui fut accueilli par beaucoup de juifs comme une bouffée d’oxygène. Ces fidèles libérés de l’emprise judaïque firent de ce philosophe qui espérait changer le système politique du pays, un dieu, et sa proposition fut transformée en une nouvelle religion. Celle-ci eut le mérite d’apporter un peu plus de liberté, mais resta sous l’emprise du dieu terroriste juif, et rien ne changea vraiment sinon que les formes de violence se modernisèrent.

Pendant ce temps, le reste de l’humanité tentait comme il pouvait de se débrouiller avec sa multitude de divinités plus ou moins sympathiques et bonnes conseillères.

Un pays, l’Arabie, s’en sortait moins bien qu’ailleurs. Il vivait un vrai cauchemar du fait qu’il était un nœud commercial important entre Orient et Occident. Or qui dit commerce dit profit, et la concurrence était telle entre caravaniers que les tractations se terminaient en bain de sang.

Un de ces commerçants, Mahomet, qui avait fait fortune aussi violemment que les autres, prit conscience que ce carnage conduisait à la perte de tous. Il s’isola dans le désert pour réfléchir. Il jeûna pour se purifier d’un passé nauséeux, ne but que de l’eau comme boisson et comme seule nourriture, des feuilles fraiches de khat. Cette plante, hallucinogène, lui donna des idées sous la forme de l’archange Gabriel qui lui dicta la parole révélée, Qu’ran (le Coran) sur lequel va se bâtir une nouvelle religion, l’Islam, qui signifie résignation, soumission, reddition à la parole divine. Ses compatriotes, des durs parmi les durs, ne pourraient changer de vie que si on les terrorisait. Car ces durs à cuire n’ont peur de rien. La peur, ils la connaissent. Elle est causée par des ennemis identifiables, facilement reconnaissables, et là, c’est à qui sera le plus fort, quitte à y laisser sa vie « Même pas peur ! ». Tandis qu’il y a un domaine dans la culture populaire qu’il vaut mieux ne pas trop explorer. Celui des ombres, des esprits, des morts, des fantômes sans visages, certains diraient des phantasmes. Là ça craint. Allah est effectivement la personne idéale qui seule viendra à bout de ces irréductibles.

Il retrouve ses collègues, tente de leur imposer la nouvelle religion, mais le dicton qui dit que « nul n’est prophète en son pays » se vérifie. Il est chassé de La Mecque, sa ville natale, se réfugie à Médine, or là, son message passe. Il recrute une armée de fidèles, revient à La Mecque et convertit ses collègues par la force, pacifiant enfin la région. Bien d’autres suivront. Finalement, se soumettre et obéir, ça rassure.

D’autres au cours de l’Histoire, se sont imposés par la force sans besoin de la religion. Ainsi nous avons encore en mémoire l’exemple terrifiant de l’URRS.

Alors la question qui demeure pour moi aujourd’hui et que je pose publiquement même si je sais que je blesse profondément des personnes généreuses et sincères pour lesquelles seule l’opposition frontale avec leur adversaire est promesse de succès, les adhérents à la CGT.

Je me demande si, quoique laïque, la CGT, héritière du stalinisme, ne partage pas avec les trois grandes religions monothéistes l’idée que l’humanité est essentiellement mauvaise et que seule la violence, le refus des concessions, permet aux « petits » d’exister. L’Autre, le Différent serait si mauvais que seule sa disparition est envisageable. Il me semble que c’est aussi ce que dit le FN.