L'incontournable laïcité

12/05/2016 10:46

 

Mon billet précédent affirme l’utilité des religions. En fait, il s’agit d’un simple constat qui n’a pas valeur d’absolu : Une multitude de personnes ne peuvent actuellement pas se passer de religion sans risquer de s’effondrer. Cette nécessité est donc à protéger.

Des générations de croyants en certaines valeurs imposées par une divinité donnée contribuent à l’identité des nouveaux venus dans la communauté. Ceux-ci assimilent ces données qui deviennent intimes parties d’eux-mêmes, matériaux immatériels aussi finement intégrés que la nourriture spécifique qui a construit les cellules de leur corps. Ainsi se bâtit  une personnalité, avec ses certitudes. Il est très difficile d’y échapper, même si la personne acquiert ensuite des connaissances qui tirent leur relative et souvent provisoire bien-fondé d’une logique raisonnée.

Bon nombre de grands scientifiques ou de philosophes patentés vivent sans difficulté leur appartenance à un courant religieux. Foi et connaissance cohabitent apparemment avec harmonie sans entraîner une quelconque schizophrénie. La bulle irrationnelle n’explose pas sous la pression de la rigueur scientifique et même peuvent arriver à se conforter mutuellement.

Au pire, des croyants fanatiques peuvent ainsi défendre une divinité dont il n’est pas question d’interroger l’existence magique en utilisant des armes mortelles et sophistiquées dont ils maîtrisent parfaitement la très rationnelle technicité.

J’écrivais plus haut que l’utilité des religions n’avait pas pour moi valeur d’absolu, tant mon optimisme me porte à penser que, peut-être, si la planète n’a pas explosé du fait de la bêtise humaine, d’ici quelques milliers d’années, la bulle de magie que chacun porte en soi alimentera les arts et la soif de savoir, classant le religieux dans la catégorie « fable ».

Pour parvenir à un tel résultat, il sera nécessaire que chaque personne ait objectivement accès à la connaissance, puisse choisir sa vie, la remplir des découvertes passionnantes sans que soit entravée, massacrée ce que les psy appellent « l’épistémophilie », la passion pour la connaissance, que possède en puissance tout être humain et qui suppose pour s’épanouir une volonté politique. Mais avant d’atteindre un tel objectif, nous devons veiller à ce que chaque personne, dans le respect des autres, ait la liberté de penser et d’agir. Cette disposition s’appelle « laïcité. C’est la condition même du progrès.