Lucius Domitius Ahenobarbus est de retour

12/06/2017 00:35

« Néron met le feu au mont Palatin » Tel est le titre de l’article dithyrambique par lequel Jérôme Gautheret, dans le Monde de ce samedi, attise nos regrets de ne pouvoir assister, à Rome, à l’opéra rock « Divo Nerone ».

Le journaliste nous fait partager son enthousiasme : « Difficile d’imaginer décor plus grandiose tournant le dos au Colisée et à l’Arc Constantin… » où va pouvoir se jouer une des tragédies les plus folles de l’Histoire, entre passion amoureuse et soif de Pouvoir.

Assassiner son beau-père, déjouer les intrigues concoctées par sa mère et finalement l’empoisonner, tuer son frère pour lui voler son amante, obliger son conseiller philosophique, Sénèque, à se suicider, s’adonner à bien d’autres turpitudes et enfin incendier sa ville, tels sont les hauts-faits accomplis par un empereur romain qui pousseraient un profileur du FBI à démissionner illico ou même à se suicider plutôt que prendre le risque d’alerter ses supérieurs du délabrement psychique de son Président, dont il vient de voir l’hologramme.

« Avez-vous des preuves ? » lui demanderait forcément sa hiérarchie. Et le profileur se verrait dans l’incapacité de citer le vers 1314 de Racine dans son Britannicus (Acte IV scène 3),

 « J’embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer »

Ainsi le spécialiste choisirait de se condamner à une mutité définitive plutôt que de commenter ces poignées de mains significatives que redoutaient jusque tout récemment les Grands de ce Monde, jusqu’à ce qu’un jeune inconscient entrât dans le jeu du malade et ne transformât la paluche présidentielle en de la chair à pâté.

Que n’avait-il fait-là !

Cette confrontation apparemment anodine entre protagonistes tout sourire se conclurait dans les jours qui suivent par la disparition instantanée de Paris, capitale de l’imprudent président.

« Imprudent ? » « Mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années » rétorquerait un collègue de Monsieur Racine.

La valeur peut-être, mais la sagesse, oui.