Mais où s'en est donc allée la fabuleuse Europe de la Reine Christine de Suède ?

31/07/2015 14:14

 

Descartes, que j’ai tenté d’approcher (Descartes, la pensée libérée.  Roman, « lulu.com) m’a conduit vers la Reine Christine de Suède. C’est ainsi que j’ai découvert un personnage si fascinant que j’entreprends la lecture de  «  Christine de Suède, la souveraine énigmatique » de Verena von der Heyden-Rynsch.

Or dès les premières lignes de la préface le ton est donné. Christine, enfant unique du roi   Gustave II Adolphe, possède, toute jeune, huit langues et dispute en latin. Elle manifeste ainsi un appétit insatiable de savoir, et une soif inextinguible de liberté, non seulement pour elle mais pour toute personne, exigeant la tolérance et prônant la démocratie. Ainsi « à une époque où la Réforme, la Contre-réforme et l’Inquisition menaient à des jugements dangereusement totalitaires et à des actes criminels, Christine de Suède défendit sans compromission les Huguenots et les juifs. »

Cette jeune reine, amoureuse des Arts qu’elle contribua à favoriser dans son Pays, et dans les Etats voisins, espérant en faire le ciment qui rapprocherait les peuples et les délivreraient de leur mesquine rivalité, travailla ardemment à la pacification. « Elle se fit la championne de cette libertas philosophandi dont les grecs donnèrent les premier l’exemple. »

Mais non contente de changer les mentalités par ce qu’on appelle aujourd’hui la Culture, elle oeuvra directement dans le domaine politique. A la mort de son père, elle travailla avec décision à la conclusion des traités de Westphalie « pierre de touche de la paix européenne ».

Ainsi, actrice déterminante dans l’évolution de toute une époque, qui prépara l’épanouissement du Siècle des Lumières, Christine de Suède s’attacha à dessiner les contours d’une Europe pacifique, cultivant les richesses de l’esprit et bannissant la barbarie des guerres.

L’avenir pouvait se dessiner heureux.

A la lumière des siècles qui suivirent, il est possible aujourd’hui d’établir le bilan d’un effroyable gâchis. Celui d’horreurs jamais aussi systématiquement commises aussi savamment organisées. La barbarie intégrale.

A présent, nous savons que le pire est possible. Ou du moins, nous devrions savoir.

Or le hurlement des sirènes annonçant aux populations affolées l’approche d’une catastrophe semble s’élever chez les quelques survivants de l’époque infernale.

Ce bel espoir d’une Europe unie et fraternelle est-il en train de virer an cauchemar ?

 Tout ça parce que certains se bercent d’un nouveau rêve d’hégémonie : ayant enfin transformé l’Europe en une vaste boutique mercantile où règne la loi du plus fort, du plus rusé, du plus avare « Ciel, ma cassette ! », ils n’aspirent qu’à transformer l’échantillon d’humanité qu’est l’Europe en un vaste tiroir-caisse où le seul amour qui aura cours sera tarifé : « Petit grec, désolé, tu paies ou tu t’écrases ! ».

Et dire que moi dont les acouphènes prennent vaguement l’allure de sinistres sirènes avait rêvé bêtement de ce monde fraternel, dont déjà une Grande Reine Christine avait esquissé les contours, dois-je à présent angoisser en imaginant la sordide vie de mes petits-enfants ?

Très chers amis allemands, je suis sûr que mes craintes sont aussi les vôtres, alors  s’il vous plait, renvoyez votre expert-comptable Schaüble faire joujou avec ses obsessions et qu’il ne transforme pas de nouveau l’Europe en espace de guerre, qui pour être économique n’en ne sera pas moins dévastatrice.