Médiapart ou "L'arroseur arrosé"

12/11/2015 17:33

 

Bercy n’a décidément  pas fini de faire le spectacle : après avoir offert une pièce  boulevardière qui nous  révéla un comique aux immenses talents, voilà qu’il réitère mais cette fois en confiant au metteur en scène de la célèbre pantalonnade le rôle phare dans « l’arroseur arrosé ».

Lorsque Médiapart, tout fraichement né, fut déclaré à l’état civil, les fonctionnaires du fisc, toujours scrupuleux quand il s’agit des autres, feuilletèrent frénétiquement leurs registres poussiéreux sans trouver la moindre rubrique dans laquelle ils pourraient enregistrer le nouveau-venu. « Ça n’est pas de la presse, car qui dit presse dit rouleau de papier ». « Ça n’est pas un journal, puisque c’est censé débiter en continu », « c’est de l’impalpable puisque ça court sur des ondes et qu’on ne l’entend même pas ! Bref, c’est pas net ! » « Mais si c’est Net, dira un spécialiste, ça vend de l’information et donc c’est une marchandise comme les autres, à taxer tout comme un saucisson. » Et voilà donc notre petit Médiapart taxé à 19,6 % .

 Les grands chefs de Médiapart s’étranglent. Ils crient au scandale. « Nous sommes un organe d’information et comme tout journal, devons être taxé à 2 :1% ! ». « Mais Monsieur, c’est la loi ! Si votre raisonnement est juste, faites changer la loi ! » « Pas question d’attendre. Nous précéderons la loi ! La légalité, je me... ». « Chut, tu vas encore dire des conneries ! »

Et c’est ainsi que, de 2008 à février 2014, date d’une loi réajustant la TV à 2,1 pour Médiapart, et ASI, ces deux diffusions doivent payer ce que leur demandait la loi, 4.1millions d’euros pour le premier, 540.000 euros pour ASI.

Les conseilleurs n’étant qu’un peu les payeurs, il est facile de considérer cette farce avec humour :  Pour des journalistes qui défendent mordicus le respect des lois républicaines, il est amusant de constater que, soudain, directement concernés, leur position vertueuse s’assouplit diablement.

Et en plus ils sont assez habiles. Car ne me dites pas que le service de la comptabilité, probablement très compétent n’avait pas prévu le redressement et mis quelques biscuits de côté. Alors les 330.000 euros déjà accordés par de généreux donateurs, c’est toujours ça d’empoché. « à votre bon cœur, messieurs dames ! »

Et puis, les mauvaises langues d’un mauvais journal prétendent que M.Plénel accuse la Haute Administration de très basse vengeance ! Des preuves, Edwy !