Méprisons nos prisons

27/01/2018 14:14

 

La révolte des petits, des perdus, des sans grade qui clament à corps perdus le désespoir d’être rien, qui refusent le mépris dans lequel la société les tient et qu’eux-mêmes cultivent, cette révolte-là n’est pas anecdotique.

Cette révolte est l’exacte expression de ce que tous les citoyens de France couvent en refusant de se le formuler et qui dit, surtout chez les riches, la pauvreté de leur existence et leur mauvaise conscience.

Car bien plus que n’importe qui, les riches qui se nourrissent de la peine des autres savent que la place qu’ils méritent est occupée, en cellule, en coursives, par une de leurs victimes.

Quel crime ont donc commis les plus hauts responsables de cette administration pour se voir affectés à la gestion des poubelles de la République. Origine modeste ? Absence de protecteur ? Et pour les subalternes si ternes quelle motivation ? Un job à CDI ? L’avenir assuré ? Or ils découvrent, ahuris, qu’ils sont condamnés à la prison à vie, pire que leurs prisonniers, et tout aussi méprisés par la Nation.

Il faut dire que les origines de notre civilisation prennent racine dans la théocratie, c’est-à-dire dans la culture de la culpabilité. Job vautré sur son fumier expie une quelconque faute, alors que le riche commerçant est récompensé par son dieu pour  son ardeur au travail. Une morale s’instaure qui veut que richesse soit signe de vertu et pauvreté, le résultat du vice.

Nos prisons regorgent de pauvres, les gardiens y compris.

Là est notre Justice.

Dans ma jeunesse, j’ai entendu dire que les voyous, honte des bonnes familles, se voyaient envoyés aux Colonies, où leurs vices se mutaient en vertu, ou bien, se réalisaient en s’engageant dans la Légion. Clichés ? Mais sûr, on ne les retrouvait pas en prison. Quelques fondateurs criminels du GUD, d’Occident, ont fait carrière en politique, qu’ils encombrent encore, théoriquement assagis.

Mais prenons un exemple de délit qui aurait mérité la prison à ses auteurs mais qui a été étouffé puis régularisé et officialisé dans le milieu bourgeois et catho qui exècre le scandale.

Le couple de notre Président.

Une professeure de français et de latin au lycée jésuite La Providence d’Amiens se prend de passion pour un de ses élèves de 15 ans. Elle en a 39. C'est le début de l'incroyable histoire d'amour et de pouvoir entre Brigitte Auzière, née Trogneux, et Emmanuel Macron. 

Personnellement, je ne trouve là rien qui soit immoral, quoique sans doute très douloureux pour les familles respectives, mais la loi interdit qu’un adulte séduise un mineur. Brigitte Auzière, selon la loi, aurait dû se retrouver en prison et le jeune Macron aurait dû être pris en charge par des services d’éducation spécialisée. Mais entre gens bien nés, on évite le scandale. Le judiciaire sera tenu à l’écart.

Suis-je dans l’erreur si je pense que cet exemple est le prototype de la cause d’absence de délinquants de milieu aisé dans nos prisons ? Or ce milieu qui compte une solide minorité dans notre pays, est quasi inexistant (je crois) en prison.

Alors quand ce président estime devoir rejeter des personnes, les migrants, totalement démunies, dont la seule faute est de vouloir vivre dans un Pays où elles désirent vivre, sous prétexte qu’elles appauvriraient la France et seraient rejeter par l’inévitable égoïsme de la population, je suis scandalisé : ce Monsieur fait preuve d’un « amour du prochain » décidément très sélectif !