Moment de vérité

12/01/2015 14:14

Dans un article de ce jour, sur Médiapart, « Hollande, le moment de vérité », Mathieu Magnaudeix aborde gravement mais avec sérénité, la situation toute nouvelle qui s’ouvre au Président de la République, et que n’avait pas prévue dans ses vœux, le Président de la République d’un quart d’heure, François Morel.

Le journaliste décrit en termes modérés mais précis l’occasion unique qui vient d’être donnée à François Hollande de relancer la dynamique qui permettrait au Pays de sortir de l’apathie qui était la sienne. Le peuple de France a soudain pris conscience de la signification du mot LIBERTE, de son importance et de sa fragilité : Nous vivons dans un Pays de liberté et, comme des enfants gâtés, l’avions oublié tant cet immense privilège nous paraissait aller de soi, comme un dû.

Or si la liberté est un droit, elle ne nous est pas donnée. Elle se mérite, se cultive avec autant de soin et d’amour qu’un jardinier élevant une plante précieuse, sauf que là, le jardinier est multiple, innombrable, tout un peuple et c’est, sans qu’il le sache vraiment, ce qui fait son bonheur. Or, à la suite d’une catastrophe, il vient de redécouvrir ce bien si précieux que lui avait fait oublier une époque de gavage des uns, et de manque des autres. Un temps du chacun pour soi.

Mathieu Magnaudeix nous signale ce fragile état de grâce et qui nous a fait prendre conscience physiquement, par ses millions de manifestants, que nous sommes un peuple, et que, malgré sa diversité, ou même grâce à elle, nous pouvons vivre ensemble de belles choses. Peut-être, peut-être pas. L’attitude, la parole, les silences, du Président, vont être déterminants.

Or cet article lui-même me fait entrevoir un espoir. Magnaudeix ne joue pas les oiseaux de mauvais augure. Contrairement à beaucoup de ses collègues, notamment dans ce média, il ne ressasse pas les griefs, justifiés ou non, du passé. Il ne tente pas de saboter par avance, avec l’efficacité d’une kalachnikov, que permet un crayon ou des mots,  tout espoir d’avenir. Mais c’est vrai que l’attitude d’un Président de la République n’a jamais été aussi déterminante.