Ni le choléra, ni la peste

29/11/2015 16:03

 

Marion Maréchal – Le Pen a affirmé qu’à présent, les attentats crédibilisaient son parti. Elle n’a pas tort. C’est vrai que ce parti, depuis sa naissance et bien avant, avait prédit les pires maux pour la France s’il continuait à vouloir appliquer la Charte des droits de l’homme. Ce parti s’est emparé de l’idéologie fasciste déjà existante mais s’est voulue présentable en reportant les pratiques dictatoriales attenantes à son accession au Pouvoir.

Le FN a donc raison aujourd’hui de constater comme bien d’autres le font si douloureusement que la France est vulnérable.

Mais ce constat qui donne raison au FN sur ce seul point ne doit pas nous faire oublier la dangerosité extrême de ce parti. Ce n’est pas parce que le choléra de la haine nous atteint que la peste brune va nous en guérir. Inoculer la peste à un malade cholérique n’est pas la meilleure façon de le soigner.

Beaucoup de ces personnes qui souffrent comme le pays tout entier de ce choléra destructeur qui vient de nous toucher, éprouvent également de longue date et au quotidien des maux moins spectaculaires quoique massifs et d’autant plus pernicieux : le chômage de plus de 3 millions de personnes, dix millions de citoyens qui vivent sous le seuil de pauvreté.

Elles ont fait confiance aux dirigeants classiques, de Droite et, aujourd’hui de Gauche. Toutes ces personnes, lançant des promesses qu’elles sont incapables de tenir sont perçus ou comme des escrocs dans le cas de la Droite de Sarkozy ou comme des incompétents, en ce qui concerne la présidence de Hollande.

Une grande partie du peuple souffrant, désespéré, est tenté de se tourner vers ce parti jamais encore soumis à l’épreuve du Pouvoir et qui promet monts et merveilles. Pourquoi ne pas l’essayer, se disent les citoyens dont la plupart n’ont pas eu à souffrir de la dictature du nazisme et du fascisme de Mussolini.

Pour ma part, je me souviens avoir lu avec ravissement , adolescent, en 1943, peint au goudron sur les longs murs blancs du consulat d’Italie à Nancy : « La Grèce n’est pas fondue mais les macaronis sont cuits ! » ou encore de cette chansonnette que chantaient les enfants : « as-tu vu le Négus sur la route de Djibouti qui secouait les puces à Mussolini ».

Mais les vieux qui ont vécu la dictature se font rares et je peux comprendre que beaucoup de personnes pour qui ces faits rapportés sont de l’histoire ancienne se laissent leurrer par des personnes dont le credo est le repli nationaliste mortifère.

Mais ce constat n’innocente pas pour autant les politiciens actuels. J’aimerais que tous ces professionnels de la politique et leur cortège d’experts laissent la place au peuple qui en a assez de souffrir. Il y a d’autres solutions qu’eux et que le FN.