Non au syndicalisme primaire de la CGT

27/05/2016 17:00

 

 

Mon billet d’hier « Pas de panique » m’a valu deux commentaires, et les deux disaient leur total désaccord avec mon opinion.

Le premier aurait été sans doute assez violent si « la technique » de MDP avait laissé la personne s’exprimer librement. Son commentaire, amendé, qualifiait quand même mon opinion de « saloperies ». Ce qui signifie sans doute que j’ai violemment blessé une personne qui adhère à ce syndicat, sachant que lorsque l’on milite, se crée une sorte de fraternité qui ne supporte pas d’être remise en cause dans ses objectifs. Ce que j’ai fait. La violence verbale est le degré N°1 de la riposte. Mais nous savons à présent que si la personne est attaquée dans ce qu’elle a de très intime, sa foi religieuse par exemple, la réaction peut être bien plus radicale, il suffit de tuer. Donc j’estime que « saloperie » est une riposte modérée, à la hauteur de la violence de mes remarques. Dont acte.

Le second commentaire a eu le mérite d’expliciter la pensée de son auteur.

La personne s’est élevée contre le fait que je qualifie de « maladresses » ce qu’elle estime être  la trahison du socialisme par François Hollande. Je serai volontiers d’accord avec elle, car j’ai volontairement atténué la violence de ma critique, car la critique est facile lorsqu’on est pas soi-même en situation. Il n’est qu’à voir la Droite qui bien sûr, elle, saurait si bien faire. Hollande a, je crois, tenté sincèrement de réformer dans le sens de ce pour quoi il avait été élu, mais, selon moi, il a sous-estimé et la gravité de la situation et sa compétence. J’estime notamment qu’il a gravement failli aux valeurs de la gauche avec son idée de « déchéance de nationalité ». Mais tout ça se discute, et Danivance le fait. Merci.

Par contre, là où je ne suis pas avec lui, c’est lorsque je suis taxé d’anti-syndicalisme primaire alors que ce que je reproche à la CGT est précisément de faire du syndicalisme primaire.

Je crois en la vertu et la nécessité du syndicalisme pour les salariés. Seul face à une institution toute puissante comme sont tentées de l’être les entreprises, l’individu est démuni et il n’y a pas d’égalité dans le rapport de force. L’employeur  joue sur du velours. Il peut pratiquer à souhait le « diviser pour régner ». Par contre, si les employés s’unissent et se montrent solidaires, le rapport de force a toute chance de s’équilibrer. « L’union fait la force ». D’où également la nécessité d’un code du travail auquel les partis peuvent se référer.

Je ne suis donc pas anti-syndicaliste, pas plus primaire que secondaire.

Par contre, je reproche à la CGT de l’être. Je lui reproche non pas sa méthode, mais, plus gravement, son attitude. Elle ne sait que s’opposer par principe. D’emblée, écouter l’autre différent, tenter de le comprendre, surtout si on n’est pas d’accord, c’est, pour la CGT, faire preuve de faiblesse. On dirait un gamin qui n’a pas grandi et qui, à un certain âge, pour pouvoir se poser, s’oppose systématiquement. C’est normal à cinq ans, pas quand on est adulte. Ou celui, le même, qui un peu nul en classe se rattrape dans la cours de récré en tabassant ceux qui pourraient remettre en cause son identité. Il a un besoin immense de se faire respecter parce que lui-même ne se respecte pas.

Un tel comportement est spectaculaire. Les drapeaux rouges de la CGT flottent en nombre dans toutes les manifs ! Quelle puissance ! Moi je dis quelle faiblesse. Ça me rappelle d’autres défilés, mais je ne voudrais pas être désobligeant pour un mouvement qui est malgré lui prisonnier de la tradition et ne sait pas comment s’en sortir, alors que finalement, c’est beaucoup de générosité qui ainsi, même maladroitement, se mobilise.

Mais une autre question se pose à moi.

En pratiquant un modèle de non concertation, je me demande si cette attitude, finalement publique, n’encourage pas les personnes qui pourraient l’adopter parce qu’il est dominant et se montre si efficace : Voyez le bouzigue qu’il crée.

Que fait une personne qui se trouve contestée dans ses choix divers, comme on peut l’être quotidiennement, notamment dans un couple. L’homme qui, c’est bien connu, appartient au sexe fort, ne va-t-il pas le prouver dans ses échanges pas toujours amicaux avec le sexe faible auquel appartient sa femme. Que de portes provoquent des beurres noirs aux yeux, que de descentes d’escalier se négocient si mal. Sans parler des plus faibles encore que sont les enfants, et qui sont si souvent chiants ! Est-ce par la force que moi, le père  prouverai que j’ai raison.

Non, la CGT, je trouve que votre attitude n’est pas la bonne, mais ça, ça n’est qu’une opinion !