Non, François Fillon n'est pasmalhonnête

29/01/2017 17:46

 

 

Non, François Fillon n’est pas malhonnête, il ne fait qu’appliquer les règles du milieu dans lequel il vit, celui des  « puissants » et de tant d’autres, règles appliquées partout depuis la nuit des temps et mises à la mode du jour. Je dirais même que parmi tous les notables de son parti l’homme est considéré comme le plus intègre. Son élection aux primaires en est la meilleure preuve. Rien à voir avec les escrocs Sarkozy, Guéant, Balkany et tant d’autres.

 François Fillon est outré que l’on puisse douter de son honnêteté. Il se vit en toute innocence, sincèrement,  profondément honnête. Pour lui, ce qu’il a fait est non seulement normal, mais devoir parental : C’est une obligation pour un chef de famille de veiller au confort de ses proches. Il donne un coup de pouce de reconnaissance à son épouse, quoi de plus touchant ? Tant d’autres donnent des coups ! Il confie à ses grands enfants des tâches bien rémunérées qui leur serviront de travaux pratiques avant que d’être de vrais professionnels, quel père ne souhaiterait pas pouvoir en faire autant ? Bref, il se comporte en homme naturellement généreux qui, je suppose, n’hésite pas à mettre la main à la poche lorsqu’il croise un indigent.

François Fillon est bon. Je l’affirme sans me moquer. En bon chrétien qu’il est, il se conforme, aux commandements de sa religion. Et s’il semble méconnaître l’existence de la grande misère des 5 à 8 millions de personnes qui, dans son Pays, vivent sous le seuil de pauvreté, il ne les ignore pas mais a appris dès le berceau que Dieu, dans sa grande bonté, gère l’univers, et que, même si ses desseins sont impénétrables, les fidèles doivent lui faire confiance et accepter jusqu’à l’inacceptable. « Seigneur, que ta volonté soit faite. Ainsi soit-il ! » prie le croyant. « Inch’Allah ! » ou Maa Shaa Allah (ما شاء الل, dira le musulman.

Ainsi la religion permet à beaucoup d’accepter les bonnes ou les mauvaises choses, ce qui ne leur empêche pas de préférer les bonnes.

Certes cette position a été théorisée par la famille Le Pen : la préférence familiale, le rejet de l’étranger, qui, comme aurait dit feu Fernand Raynaud, « vient manger le pain des français ». Mais cette approche conduit à cet immonde fait divers :

https://blogs.mediapart.fr/mithra-nomadeblues/blog/270117/mort-venise

Non, ce qui me surprend, c’est l’apparente surprise du Canard Enchaîné qui semble découvrir un fait banal et tout à fait courant qui n’aurait rien d’un scoop (ah, le scoop,  le pain bénit des journaleux !) si le journal satirique n’avait pas perçu qu’il régalerait le public  en lui servant la chute, espérée mortelle, d’un fildefériste politique. Ça, ça va doubler les ventes !

Or il est donc tout à fait probable que François Fillon n’ait rien fait d’illégal.

N’empêche qu’involontairement le Canard révèle le véritable scandale, qui se situe ailleurs que ce qu’il dénonce.

Comment voulez-vous que, malgré leur bonne volonté, leur générosité (cf Fillon) des personnes fortunées, ou simplement aisées, puissent imaginer le drame que vivent des millions de personnes par manque de la petite somme qui ne correspond même pas au dixième de l’argent de poche qu’ils donnent à leurs gamins. Or ces gens, les députés et sénateurs, sont censés représenter toute la population française. Ils ne peuvent entendre la voix étouffée des sans grade.

Le scandale de cette injustice intolérable est dû au système.

C’est en effet le système politique, celui qui organise notre vie, qui est scandaleux et malhonnête. Or nous l’avons choisi en votant ou en nous abstenant de voter. Nous nous contentons de subir ce fonctionnement d’Etat par paresse intellectuelle, par conservatisme, par peur de l’inconnu, parce que ça nous arrange.

Car comment tolérer qu’une personne puisse se permettre d’offrir en toute légalité un bouquet de fleurs de 500.000 euros à sa femme alors que des  milliers de personnes vivant dans l’arrondissement voisin calculent au centime près sans toujours y parvenir comment nourrir la famille.

La honte ! N’y a-t-il rien à faire, si ce n’est se ronger les sangs et s’offrir un joli cancer de condoléance ?

Non, inutile, mais  nous devons agir. Nous devons changer le système manifestement maléfique, profitable aux seuls privilégiés. Voter pour une autre république.

Comment ? Par notre vote.

 J’espère que ce soir un premier pas sera fait par les sympathisants de gauche : l’élection de Benoît Hamon. Benoît le Frondeur !

Nous devons tous renverser le système. C’est ce que propose Benoît Hamon. Il faut qu’en France, chaque personne ait le droit d’exister, c’est à dire les moyens. Le R.U.. Scandale pour les nantis car le R.U. ne leur sert à rien, ils ont tout ce qui leur faut. Ils le déclarent alors infaisable car pas conforme à une saine comptabilité. Et pourtant déjà cette seule proposition accordée à tous les jeunes de 18 à 25 ans, quelles que soient leurs conditions de vie, puis à ceux pour qui il est vital, serait une vraie révolution. Leur horizon se dégagerait, ils pourraient faire des plans, imaginer leur vie, se prendre en main. L’espoir renaitrait.