NOUS, CITOYENS...

20/10/2014 14:04

 

Médiapart vient de lancer une pétition contre la corruption et qui commence ainsi : « Nous, citoyens… ». Sollicité, me sentant concerné par cet appel à l’honnêteté, je me suis empressé d’apporter ma signature. J’ajouterais même « les yeux fermés », car bien qu’ayant lu attentivement le texte de la pétition, certains points me laissent interrogatif.

Mais pour le coup, je fais confiance car je suppose que chaque mot de ce texte a été soigneusement calculé et qu’il est le fruit d’un consensus de spécialistes honnêtes. Si question il y a, c’est plus celle de mon ignorance.

 

Ainsi, parmi les moyens de lutte envisagés vient en premier « l’indépendance du Parquet ». Je croyais le fait acquis. Ne l’est-il donc pas ? Cet article e prouverait-il le contraire ?

 

L'affaire de Compiègne enterrée, Eric Woerth sauvé

PAR MICHEL DELÉAN

Le parquet général de la Cour de cassation a requis un non-lieu en faveur d'Eric Woerth dans l'affaire de l’hippodrome de Compiègne. L'ex-ministre du budget, qui a le statut de témoin assisté, est quasiment blanchi. C'est une nouvelle démonstration de l'art d'enterrer les affaires à la Cour de justice de la République.

 

« La suppression de la Cour de Justice de la République ». Je suppose que cette demande doit être facilement argumentée, mais moi, simple citoyen, n’en connais pas la raison.

« Recrutement massif de ‘douaniers’, peut-être, à condition que ceux-ci ne soient pas au service des grands cigarettiers et formés par eux, comme l’a révélé une des enquêtes d’Elise Lucet…pour combattre la contrebande des cigarettes, nuisible aux intérêts des grandes firmes.

« Le verrou de Bercy » ?...

Je vais m’informer.

 

Oui, la corruption est une gangrène qui peut tuer la République et faire le lit d’une dictature. Il est impératif de la faire disparaître.

 

Mais ce n’est peut-être pas un hasard si la corruption s’est  épanouie sous la cinquième République, et cela, faute au Général.

 

Faute au Général ?

 

Voilà un Monsieur qui, paraît-il, éteignait les lumières de la pièce qu’il quittait. Qui demandait aux cuisiniers de l’Elysée la facture du goûter qu’il avait offert à ses petits enfants pour pouvoir le régler de ses propres deniers. Il ne pouvait pas imaginer, cet homme, qu’il était pétri d’une rigueur d’un autre âge, que ses successeurs n’auraient pas ses scrupules, et que sa Constitution favoriserait surtout les intérêts particuliers de ses suivants et de leur amis.

 

Ça se fabrique encore des personnes comme De Gaulle ? A l’heure où l’on pousse à la consommation mais où seuls les benêts paient un produit à son prix indiqué, où les pots de vin font partie intégrante du commerce international, où tout s’achète, tout se vend, surtout les consciences, il est important de rappeler les règles élémentaires d’une morale laïque, ce qu’on appelle le civisme.

 

Il faut donc modifier les mentalités, les habitudes, et donc la Loi et les Institutions.
Et si la création d’une sixième République en fournissait l’occasion.