OSONS LA VIE !

27/01/2017 18:39

 

OSONS LA VIE

 

La primaire citoyenne dimanche.

J’espère bien pouvoir aller voter. Et ce sera Benoît HAMON.

Mon choix n’est dicté ni par la mode, la provocation, l’obéissance grégaire, surtout pas par le rejet systématique de Manuel Valls,  mais, après m’être documenté auprès de personnes de tous bords, par conviction ferme et personnelle.

J’estime que Benoît Hamon et surtout son R.U. (Revenu Universel) peut être l’occasion d’une révolution politique, économique mais surtout humaniste extraordinaire, sans être pour autant l’unique panacée :

Remettre la Personne au centre de nos organisations.

Le R.U. est l’outil qui va permettre de faire cesser le scandale d’une immense injustice qui consiste à admettre comme normal qu’en France, de nos jours, des millions de nos concitoyens survivent dans l’angoisse, l’indignité, le renoncement, la misère.

 « Ils étaient vieux avant que d’être.

« Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? » hurlait Brel.

Comment un citoyen comme moi, qui, comme la majorité des français, sans être fortuné, vit heureux, installé, prend ses aises, mène sa bonne petite vie, peut-il accepter une telle aberration ? Quelle lâcheté, quelle jouissance secrète, celle de savourer notre bonheur par comparaison avec les « pauvres » peut-être, ferait que nous estimions normale une telle injustice ?

 La faute à pas de chance, à la fatalité, à notre paresse intellectuelle ? Cessons notre hypocrisie de nantis et osons prendre le risque de changer cette société qu’intellectuellement nous condamnons. Saisissons cette occasion unique, celle du R.U. Votons Benoît Hamon.

Utopie ? Irréalisme ? Irresponsabilité ?

Des experts-comptables, économistes de surcroit, nous démontrent, calculette à la main, qu’une telle proposition n’est que folie soixante-huitarde : « Mais ouvrez-donc les yeux ! Soyez un peu raisonnables, responsables, adultes !  En avez-vous calculé le coût ? 750 euros mensuels versé à tous égale 3 à 400 milliards d’euros ! Exorbitant ! »

D’autres experts-comptables, économistes eux aussi, rétorquent, calculette à la main, que, budgétairement, pas de problème. Hamon prévoit une application progressive et ciblée : tous les 18/25 ans d’abord et le reste suivra.

Déjà cette seule mesure insufflerait une immense espérance dans le Pays. Les jeunes sont une garantie d’avenir. Chacun de leur cerveau humain constitue un gisement de richesses inouïes, promesse de vie passionnante pour son propriétaire, de bonheur pour les proches, d’inventions pour la société.

J’ai eu pour collègue et amie Paulette Bret, qui a élevé seule ses trois garçons qu’un spécialiste éminent a diagnostiqués « débiles ». Cette mère a refusé ce classement et leur placement dans un IME. Ces trois fils BRET, se sont révélé être des génies, chacun dans son domaine. L’aîné a créé une société dans la Silicon-Vallée et a envoyé sur la lune un appareil optique révolutionnaire équipant une capsule américaine. Il a reçu à ce titre une décoration des mains de Giscard d’Estaing.  Le second, caméraman, a réalisé des films innovants qu’à l’époque j’ai vus et qui m’avaient enchanté. Le troisième, mathématicien, et informaticien, a été un gourou dans le domaine du son et des couleurs. Pour trois débiles, ça n’est pas si mal ! Or ces millions de personnes que nous débilitons sont autant de « Mozart qu’on assassine » comme dirait Saint-Exupéry.

La misère, l’angoisse d’un avenir incertain, la malnutrition, et autres facteurs dégradants embrument le plus beau des cerveaux et le rendent inapte à la réflexion, à la création, au désir de vivre. Or c’est ce gâchis immonde que produit notre société actuelle fondée sur le rendement et la consommation à tout va, sur une surexcitation qui donne une illusion d’exister mais surtout nous évite de trop penser. C’est mauvais pour les affaires, dirait l’ex-patron de TF1.

Ce sont pour toutes ces raisons que je pense que Manuel Valls, dont je ne doute pas des bonnes intentions, se trompe. Il se trompe d’époque. Les rafistolages d’un système dépassé parce qu’usé qu’il propose ne font que prolonger une société maléfique, car faiseuse d’injustice sociale.

Manuel Valls a du monde du travail une idée obsolète entretenue par la plupart des media, par le patronat et par les syndicats, et finalement par le public, par  nous les citoyens, que l’on gave d’insanités. : que surtout rien ne bouge. Que, menacé par les bouleversements mondiaux de tous ordres, chacun puisse se réfugier dans des forteresses aux remparts solides, fermer les  pont-levis, pouvoir s’entre-tuer en famille, sans témoins, comme le prône la famille Le Pen.

Manuel Valls défend la valeur travail et il a bien raison. Le travail permet à un être humain de se réaliser, d’acquérir cette précieuse reconnaissance sociale sans laquelle on reste transparent, invisible, incivique. Le travail oui, mais pas l’esclavage auquel sont soumises bien des personnes si elles veulent survivre. La feuille de paie, oui, mais celle sur laquelle s’inscrit un juste salaire. Un travail mais pas les travaux forcés, un travail choisi,  aimé, passionnant si possible mais librement choisi. Et pour cela, il faut, jeune, avoir le temps de rêver, d’imaginer, le confort minimum, l’esprit libre.

 Mais la définition qu’a du travail notre microsociété est viciée par le conservatisme. Une usine qui ferme est annoncée comme une catastrophe alors que la plupart des destructions sont créatives. Douloureuses à très court terme mais chances pour l’avenir.

Lorsque je demande à des jeunes gens quelle est l’origine de mon nom, Charron, ils ne savent pas. Or c’est le nom d’un métier qui, voilà peu de temps, se pratiquait dans chaque village de France. C’était l’artisan qui fabrique les roues de charrette, en bois, avec rayons et cerclées de fer. Je suis allé en Haute-Loire me faire expliquer le métier par un des derniers charrons de France. C’était un métier passionnant, exigeant, demandant beaucoup de connaissances, or il n’existe plus, mais mes ancêtres m’ont permis de pratiquer des métiers différents, adaptés aux besoins actuels.

Ainsi j’ai, par exemple, été moniteurs dans un centre d’apprentissage des Houillères du Bassin de Lorraine, à Merlebach. J’ai eu entre autres missions, à faire signer à des apprentis de 14 ans un contrat qui les engageait à travailler à la mine de charbon. Je leur proposais de réfléchir avant de signer  à ce à quoi ils s’engageaient. Dans leur grande majorité ils voulaient être électriciens ou mécaniciens de fond, des métiers hautement qualifiés et appréciés. Or je leur apprenais, statistiques à l’appui, que très peu pourraient accéder à ces métiers et qu’ils avaient beaucoup plus de chance d’être simplement mineur. Ce qui ne les gênaient pas, leur père étant mineur et fier de l’être. De plus, ils respectaient une tradition et adoptaient les arguments de leurs parents. Pourquoi mineur ? Pour bénéficier d’une tonne de charbon gratuit par an, du régime alors particulier et avantageux de Sécurité Sociale Minière, et de la retraite à 50 ans. Penser à sa retraite à 14 ans, ça c’est de la prévoyance !

Je me gardais bien de saper leur moral en leur rappelant les gros risques du métier, grisou, éboulement, et surtout silicose. Pas question pour eux d’échapper à leur destin. Pas le choix.

Le choix, c’est la mondialisation qui le leur offrit. La fermeture des puits. Catastrophe ? Oui, et non. Le hasard a voulu qu’un fils de mineur de Freyming soit venu chez ses beaux-parents, un de mes voisins, ce qui m’a donné l’occasion de parler avec son père du bon vieux temps, de la nostalgie de ce rude métier mais du fort sentiment d’appartenance à une corporation d’utilité publique. Mais il n’était pas mécontent que son fils ait échappé à ce qui était son destin. Celui-ci est ingénieur EDF, responsable du quart du réseau électrique de Paris ! Vive la mondialisation.

Donner déjà le RU à tous les jeunes de 18 à 25 ans c’est  leur offrir l’occasion de rêver, de choisir la profession dans laquelle elles,  ils se réaliseront et joueront un vrai rôle social. C’est vital, essentiel, le plus beau des projets. Vive les jeunes, avec le R.U.