Paysage

27/03/2017 19:26

 

Je viens de voir l’émission politique de « C’est à vous » sur la cinq. J’éteins le poste et regarde cet autre spectacle que m’offre la tabatière, un ciel bleu intense, la chaîne de montagnes enneigées, les branches sommitales du poirier centenaire, nues à leurs extrémités, mais dont la sève fait éclater les bourgeons juste au dessous. Une mésange bleue s’accroche à une brindille et se laisse bercer.

Ce bel oiseau vit, sans se soucier de la politique de ces gros animaux que nous sommes.

Or, elle est concernée.

Les espèces disparaissent à la vitesse grand V.

Je jette un œil sur ma droite, au-delà de la baie triangulaire. En dessous, les quelques maisons voisines du hameau choppent les dernier rayons du soleil. Les plaques de neige finissent de glisser des toits.

Dans le lointain, à cinq kilomètres, le village jumeau, encore dans ses draps blancs de saison, se prépare à la nuit. Tout au fond, les aiguilles de plus de 2.500 mètre, piquent un fard sous le soleil couchant.

Tout ce petit monde s’enveloppe, serein, de la certitude de la vie éternelle. Il ne sait pas.

Il ne sait pas l’éphémère. La fragilité de la planète. Les perturbations qui l’attendent. La fin du manteau neigeux qui amuse les touristes et nourrit les indigènes. La végétation qui ne se reproduira plus. Les abeilles menacées. Et les loups. Les marmottes.

Le futur président saura-t-il prendre les bonnes décisions, celles qui favorisent la vie des petits, ou remplissent les poches de ceux qui ont déjà ?

Rien n’est moins sûr.