Pourquoi je ne voterai pas Jean-Luc Mélenchon

25/03/2017 16:53

 

Jean-Luc Mélenchon est généreux. Jean-Luc Mélenchon est sincère. Jean-Luc Mélenchon est intelligent. Luc Mélenchon a de bonnes idées. Jean-Luc Mélenchon est convaincant. Jean-Luc Mélenchon a de l’humour. Jean-Luc Mélenchon est un grand orateur. Jean-Luc Mélenchon est homme de passion. Et il a sans doute plein d’autres qualités.

Mais

Jean-Luc Mélenchon a une très mauvaise idée : Il veut faire sortir la France de l’Europe. Comme d’ailleurs Marine Le Pen. Et c’est logique, il joue perso. Il a du mal à discuter avec les autres, à moins que ceux-ci n’adoptent ses idées. C’est plus facile entre français. Sauf que celui qui gouverne sans consulter les autres s’appelle un dictateur. Ou un monarque. Pas un président. Or en principe, Jean-Luc Mélenchon n’aime pas la monarchie.

C’est pourquoi, je crois, que ce qu’il adore, c’est la bagarre, le baston, verbal, mais que ça cogne, de préférence devant une foule qu’il a su séduire par son verbe brillant. Il ne peut se complaire que dans l’opposition. L’organisation, l’écoute, ça n’est pas son truc.

 Je crois que le plus grand mal qu’on pourrait lui souhaiter, ce serait d’être président. Il est de toute la bande qui s’estime la ou le plus apte à diriger la France, il est le seul à ne pas désirer être président. Impossible. Ou ce serait le calme et l’ordre de la dictature, et ça, c’est contraire à ses conceptions du pouvoir, ou ce serait le bordel de l’homme foisonnant d’idée mais qu’on n’arrive pas à suivre. Alors, si nous apprécions cet homme, ne le mettons pas surtout pas en situation d’être très malheureux, à contre-emploi, n’en faisons pas un président.

Mélenchon pas président ! Mais toutes les bonnes idées qu’il a seront perdues à tout jamais ?

Que nenni !

A part une idée, précisément le mauvaise, sortir de l’Europe, Hamon est prêt à prendre le relai.

Leurs deux  programmes sont comme des frères jumeaux. Normal, ils ont tété les deux mamelles de la même mère Humanité : Sagesse et Générosité. Ça, ça vous fait un homme.

 Hamon, calme, serein, organisé, appréciant le Pouvoir comme un outil et pas par ambition, saura trouver une équipe efficace et brevetée honnête qu’il chapeautera en sage.

Mélenchon, il ne faudra  pas compter sur lui pour jouer à l’équipier sympa. On ne se change pas comme ça ! Non, il veillera au grain. Quitte à jouer les grains de sable et dénoncer les défauts de la belle mécanique hamonienne. Lui aussi saura jouer les frondeurs.

Alors on peut rêver, d’un rêve un peu fou, celui où, grand seigneur, Mélenchon reconnaîtrait qu’il n’y a pas place pour deux dans le fauteuil présidentiel, ça n’est pas un divan, qu’un seul des deux a des chances de passer, sinon aucun ne passera. Bien sûr qu’il  pourrait tenter l’aventure, faut reconnaître que ce serait grisant au début. Mais rapidement il devrait admettre  que « un président ne devrait pas dire ça » ! Finie la liberté de parole ! Le droit de gueuler, d’engueuler ! Alors qu’un président ça doit faire des ronds de jambe à la cour d’Angleterre ! Garder son poing dans sa poche face au Trump sous peine de déclencher une guerre ! Trop de contraintes, pas assez de liberté. De quoi s’offrir un ulcère !

Et Jean-Luc Mélenchon, héroïque, annoncerait son sage renoncement au profit de son frère jumeau. On pleurerait beaucoup dans les chaumières, mais on se consolerait vite en savourant le bonheur d’avoir un vrai bon président qui ne songerait même pas à embaucher ses filles à l’Elysée.

Et si ça n’était pas qu’un rêve !