Pourquoi Médiapart ne s'attaque-t-il qu'aux petits ?

09/10/2014 13:05

 

Quand je dis « petits », il faut avoir en tête une hierarchie. Comme en Maternelle, il y a les tout petits, les moyens, et les grands. Puis, viennent ensuite les élèves de « la primaire », là où se délivre l’enseignement premier, suivront ensuite les « secondaires etc… Il n’empêche que les « grands » de la maternelle, reste des « petits » pour ceux du CM2. Mais il ne s’agit pas pour moi aujourd’hui de traiter de l’Education Nationale mais du journalisme d’investigation.

Médiapart s’honore à juste titre d’être un organe d’information indépendant qui informe les citoyens français, à propos de la gouvernance du Pays, notamment de ce qu’on veut cacher et qui n’est pas dénoncé ailleurs. Et il le fait sans faiblir, ce qui est tout à son honneur. Mais - et cette opinion n’engage que moi et j’aimerais me tromper-  il ne s’attaque qu’aux grands de la maternelle, aux poids super-coqs, quelquefois au poids welters, jamais aux poids moyens, et encore moins, bien sûr aux poids lourds.

Je veux dire par là que Médiapart s’attaque essentiellement à ce qu’il considère être des fautes commises par des personnages en vue français, et il le fait souvent bien, ce qui n’est pas si mal. Ils dénonce les éventuelles magouilles des « grands » de notre petit monde, la France, en priorité, des personnages politiques.

Dans ce petit jeu, Médiapart excelle, même si quelquefois j’ai l’impression de règlements de compte tout à fait personnels et mesquins comme lorsque Laurent Mauduit cherche obstinément des poux sur le crane de Jean-Christophe Cambadélis. On ne se fait pas de cadeaux dans la cour de récré trotskiste ! (Edwy Plenel / Lionel Jospin.. ?)

Il ne s’agit pas pour moi de nier l’importance des révélations issues du travail d’investigation de l’équipe de Médiapart, je regrette simplement que, dans la plupart des cas, le territoire exploré reste franco-français.

Ce sentiment de malaise est pour moi tout récent, il date de la nuit du mardi 7 octobre, après l’émission de l’enquête d’Elise Lucet sur les cigarettiers. J’ai découvert là une journaliste d’investigation, volontaire, accrocheuse, acharnée, prenant le réel risque de s’attaquer au mi-lourd Barroso qu’elle a envoyé dans les cordes, de même qu’elle n’a fait qu’une bouchée des divers adorateurs du dieu TABAC.

Autant il est facile de dénoncer les agissements malhonnêtes d’un Sarkozy, puisque lui-même s’en vante et en fait sa ligne politique, ou de coincer un Cahuzac qui ment comme le gamin de sept ans qu’il n’a jamais cessé d’être, autant se coltiner un Barroso me paraît un authentique exploit.

 Ce Barroso qui a mené la Commission européenne par le bout du nez, se pare d’intégrité, joue à merveilles les saintes Nitouche, alors qu’à travers l’enquête d’Elise Lucet, il m’est apparu n’être qu’un truand, qui encaisse des pots de vin, qui corrompt le Service anti-fraude européen, qui salit la réputation d’un homme honnête, John Dalli et le chasse d’une fonction qu’il assumait pleinement. Voilà un vrai nuisible qu’il est important de neutraliser. Or, à part un article que je n’ai pas pu retrouver de Ludovic Lamant, Médiapart n’a jamais mis en cause ce personnage malfaisant. Il faut être une Elise Lucet pour coincer cette anguille.

Il serait important que Médiapart ose s’attaquer à ces poids lourds malhonnêtes qui dirigent le monde. «A vaincre sans péril on triomphe sans gloire ! ».  Cahuzac ? Bon, d’accord. Mais livrez de vrais combats, s’il vous plait, Médiapart.