Quand la Grande Muette recouvre la voix !

21/07/2017 13:02

Quand la grande Muette recouvre la voix

« La démission du Général Pierre de Villiers ouvre une crise sans précédent à la tête de l’Etat dans une période où la sécurité de la France est redevenue un souci majeur et où les armées jouent un rôle central. » écrit dans le Monde du 20 juillet le Général Dominique Trinquand.

Et sur cette même page 25, le Général Vincent Desportes analyse sans concession les risques que prend le Président de la République à exercer un « autoritarisme juvénile ».

Rarement s’est vu en France que des cadres de haut niveau de l’armée rompent un silence que les politiques leur imposent, du type : « Un militaire, ça exécute et ça ferme sa gueule ! A nous, les politiques, le droit de penser ! »

« Autoritarisme juvénile » ? Je trouve indulgent l’emploi de ce qualitatif par le général. Pour ma part je qualifierais l’autoritarisme macronien d’infantile.

Ce faisant, je n’injurie pas, je pose un diagnostique qui n’engage que moi.

Un enfant de quelques années passe par une étape violente, douloureuse pour lui et pour son entourage, indispensable mais structurante, et heureusement passagère. Prenant conscience d’être une personne relativement autonome et désireuse de liberté,  il éprouve un état de toute-puissance et se rebelle contre toute autorité, notamment celle tenue (ou pas)  par « le père ». Cette violence prend la forme d’un désir, celui de « tuer le père ».

Chez tout adulte demeurent des plages de ces désirs infantiles inconscients qui nous servent de refuges à certains moments de notre vie. Rien de pathologique, au contraire : Ces plages reposantes sont souvent visitées par les poètes et artistes divers. Mais quelquefois, elles peuvent nous servir à jouer à la guerre.

C’est, je crois, ce qui est arrivé à notre Président. Dans son désir inassouvi et efficace d’être tout-puissant, il a déroché habilement la première place du Pays. Aussi, s’il découvre qu’un pauvre petit général des armées semble contester son immense pouvoir, il voit rouge ! Au lieu de se souvenir que le pouvoir qu’il détient, il le doit à un général qui, en 58, a fait du président de la République un personnage qui n’inaugure plus seulement les chrysanthèmes, il se cabre stupidement.

Et là, il commet l’erreur gravissime de dévoiler un pan entier de fragilité qui pourrait bien lui coûter la perte d’un peuple, dont l’armée, qui lui avait fait confiance.

Ça n’est pas en tuant les généraux qu’il gagnera sa guerre.