Quand l’UMP s’explique sur ses diverses valeurs morales

16/11/2014 15:14

Le débat à l’occasion de la Loi Taubira a l’immense avantage de clarifier les positions de la société française.

Pour ce faire, il semble intéressant de faire un détour par l’étymologie et de s’en tenir à la langue française, qui comme toute langue, décrit une conception originale de l’univers vu par un peuple précis. L’originalité de l’histoire  du mot « mariage » a conféré à celui-ci un contenu différent de ce que l’équivalent du mot dans une autre langue peut avoir. Ce qui fait que le débat autour du « mariage pour tous » est spécifique à la France et enflamme tout particulièrement les esprits.

Ainsi ce que dit le dictionnaire : « 

Mariage vient des racines "mari" et "agere", de "mas" ou "maris" signifiant mâle" et du latin "agere" signifiant faire, acte, agir 
Ce mot "mari" provient de l'indo européen "`mari"  "le héros" et du sanskrit "Marya" le "conquérant", qui donnera le mot Hittite "Maryannu" désignant un "combattant de char".

Ce terme "marya" peut être sémantiquement comparé au sens d'autres mots désignant un être "jeune" dans un contexte militaire, (…) ou lié au grec "meirax" ("μειραξ") mot grec issu du sanskrit "maryakah" désignant chez les grecs en Attique une jeune fille, et plus tard désigne un "jeune garçon" .

En latin le "maritus" possède les deux sens :
       1- Mariage, conjugal, nuptial, uni, qui féconde.
       2- mari, époux, le fiancé.

Ainsi, il est probable qu’une personne qui participe à une discussion sur le « mariage », ne met pas sous ce mot exactement le même sens que son voisin. Tout dépend de son milieu, de son éducation, sa culture, de son parcours. Ce qui peut être source de malentendus.

Il me semble que, globalement, les avis concernant le style de vie, dont le mariage, se distingue selon son positionnement politique.

D’un côté, il y a une Gauche, qui, se référant aux valeurs républicaines, défend la liberté pour les homosexuels de vivre selon leur inclination sexuelle, estime qu’au nom de l’égalité, des homosexuels ont le droit de désirer officialiser leur union, appelé alors mariage, et qu’au titre de la fraternité, chacun doit être tolérant et accepter l’autre dans sa spécificité.

Qu’en est-i à Droite ? Lors du rassemblement de l’UMP provoqué par le club « Sens commun », trois courants se sont affirmés.

L’un, exprimé par Bruno Le Maire, qui s'est abstenu sur la loi Taubira, s'est fait huer et siffler pour avoir maintenu son opposition à une abrogation du texte: "Nous ne reviendrons pas, nous la droite républicaine, sur le mariage homosexuel".

 

L’autre, porté par Hervé Mariton (son patronyme est-il pour quelque chose dans son engagement) ?) exige haut et fort l’abrogation de la Loi Taubira. «Ce qu'une loi fait, une loi peut le défaire, c'est le principe de la démocratie». Mariton, héros du jour, déclenche un tonnerre d’applaudissements. Il représente manifestement l’opinion de la grande majorité des 2.000 personnes présentes dans la salle.

 

Quant au troisième courant qui apparait plus actuellement comme un courant d’air tant Nicolas Sarkozy se fait prier pour participer à une réunion autre qu’organisée par lui, il représente l’indécision.

 

De toute évidence, Sarkozy s’est fait piégé. Il n’avait pas de position claire sur la question et ne voulait surtout pas prendre parti, attendant que ses électeurs se prononcent pour adhérer à l’opinion de la majorité, or là, devant son indécision, il s’est d’abord fait hué. Puis, cédant à la salle qui hurlait « abrogation ! abrogation ! », il a finalement consenti à prononcer le sésame qui lui a ouvert la sympathie des « bons sensés ». Puis, se jetant à l’eau, il a  affirmé, et cette fois avec une apparente conviction, la nécessité de l’abrogation totale de la fameuse loi.

 

De fait, les trois candidats à la présidence de l’UMP ont exposé leur point de vue sur une question d’importance pour le parti, poussé dans ses retranchements par « sens commun ». Ils se sont succédé sans jamais se rencontrer. Mais à présent, les membres du parti savent un peu mieux à quoi s’en tenir.

 

Pour préciser l’idée du mot « mariage » que nous prononçons et qui pour chacun évoque sans doute des choses différentes, il faudrait l’éclairage des historiens qui permettrait de comprendre pourquoi se simple mot soulève tant de passion. Son utilisation par l’Eglise tant pour asseoir l’autorité tant laïque ou religieuse, le jeu des dynasties royales, les échanges de territoires et transmissions de privilèges, sans compter une manière d’aborder la sexualité,  ou, pour le peuple, la transmission des biens, les mariages d’affaires, les mariages consanguins  pour éviter le partage  des terres, etc…

 

Mariage pour tous ? Tout un programme.