Que demande le peuple ? Le respect !

03/02/2017 16:24

 

 

Ces temps sont plutôt agités de par ce vaste monde mais s’ils sont troubles ailleurs,  dans bien des pays, ils n’ont jamais tant eu, en France, le mérite d’une telle clarté.

 

En France la situation est limpide. Jamais, selon moi,  elle ne l’a autant été.

 

Les seuls partis qui, jusque là, avaient pu rivaliser avec la Gauche et la dominer la plupart du temps sont ceux qui se sont regroupés sous l’étiquette de « Droite ». Or, sans avoir besoin d’en rajouter et de risquer d’humilier le très grand nombre des Français qui en toute bonne foi faisait confiance à cette Droite, le masque de la respectabilité vient de tomber : Les partis de Droite se présentent aujourd’hui comme un fruit dont la peau saine et reluisante enveloppe une chair putride et beaucoup de pépins.

 

L’essence même des appareils des partis de Droite favorise leur malhonnêteté car elle repose sur l’apparence.

 

Les prétendant(e)s qui en jouent ont toute chance de faire partie des heureux élus. Avoir un métier qui impressionne avec le beau-parler et l’assurance qui vont avec, exposer un teint frais ou savamment bronzé, et le costume ad hoc, s’offrir même le luxe d’une touche de négligé, consulter  une montre de haute qualité (le temps c’est de l’argent), disposer d’un véhicule luxueux. Et si, suite à votre bonne fortune ou mieux de par votre naissance, vous disposez d’une demeure prestigieuse alors là, oui, quasiment à coup sûr, face à un, voire à une (quelle toupet !) manante quelconque, vous emporterez l’élection et irez rejoindre sur les bancs patinés par vos illustres prédécesseurs la très sage Assemblée qui représente le bon peuple de France.

 

C’est ainsi qu’en toute bonne conscience, et « parce que vous le méritez », vous allez voter les justes lois présentées par votre groupe, qui décideront le quotidien de la morne vie d’une masse de citoyens - facile !-  mais surtout qui dorloteront le monde si sérieux des affaires et de ses comparses.

 

Ainsi, les nouveaux député(e)s de droite, un peu perdus au départ, découvrent hormis le cocon rassurant d’une nouvelle et chaleureuse famille, une foule d’avantages et d’astuces qui améliore l’ordinaire. En partageant les petits secrets croustillants qui fleurent bon l’illégalité,  quitte à en outrepasser de temps en temps les limites, ils éprouvent le délicat sentiment d’appartenance à un club select. La classe ! Et pourvu que ça dure !

 

Or aujourd’hui en examinant de près la situation du héraut incontesté de la Droite, François Fillon, le plus honnête de tous, apparait le scandaleux écart de train de vie d’une Droite prétendument honnête avec celui des millions de modestes citoyens.

 

Ça n’est pas acceptable. La Droite s’est disqualifiée.

 

C’est alors que tout un champ de possible s’offre à la France.

 

Certes nous l’avons déjà cru en élisant François Hollande à la tête de la République. Mais nous ne savions pas alors que c’était envoyer cet honnête homme au casse-pipe, quel que soit le premier ministre. Nous avons découvert que rien de fondamental n’est possible dans le cadre inadapté et actuel du fonctionnement de l’Etat. Ce système  stérilise toute volonté de changement fondamental. Le drame est qu’à part une toute petite minorité lucide, la majorité, dont moi, croyait l’exploit possible. François Hollande, même s’il a réalisé de grandes choses,  s’y est cassé les dents. Et, la position très ambigüe de Macron laisse prévoir qu’il en sera de même. Le jeune Macron appartient de fait à un vieux monde.

Autrement dit, le champ des possibles ne peut s’ouvrir que si le vieux système disparaît.

 

Or cette périlleuse, délicate mais « fabuleuse » mission repose en toute légitimité dans les mains de Benoît Hamon.

 

Je ne connaissais pas vraiment Benoît Hamon avant le premier tour. Or, via Arnaud Montebourg, j’ai découvert cet homme de conviction, épris de justice sociale depuis l’enfance :

 Voici ce que dit de Benoît Hamon, alors élève du CE2 à la 5ème d’un collège mariste près de Dakar, un de ses collègues de l’époque, Augustin Hoareau, aujourd'hui directeur de La 1ère Martinique, la chaîne de France Télévisions sur l'île : « Sur les bancs du Cours Sainte Marie de Hann, Benoît Hamon était déjà un leader malgré son jeune âge. On avait toujours Hamon qui s'opposait à nous. Nous avons été plusieurs années ensemble à l'école, mais j'étais plus âgé que lui. Je devais avoir 15-16 ans et lui 9-10 ans. Mais on se côtoyait tous les jours car nos pères étaient tous les deux ingénieurs sur le port de Dakar pour la marine nationale. L'armée transportait ensemble les enfants de militaires à l'école. On prenait donc le même bus, le "bus bleu". Comme ça se fait partout, "les grands" avaient l'habitude de se réserver les places sur la banquette du fond et de chasser les petits qui s'y installaient. Mais on avait toujours Hamon qui s'opposait à nous. Il trouvait ça injuste que les grands gardent ces places. Il était tout le temps à vouloir comprendre pourquoi les plus jeunes devaient se sacrifier face aux plus âgés. Cela ne m'a pas étonné de le retrouver en politique plus tard (rire). Un jour il a même organisé un vote dans le bus pour savoir si les places du fond devaient être réservées aux plus grands.» 

 

Ainsi Benoît Hamon a acquis le droit et le devoir de détruire le cadre actuel de la vie politique française, source de profondes injustices, de haine, de division pour restaurer les fondations d’une république au service de tous les citoyens. Mission théoriquement impossible pour ceux qui hier encore brocardaient violemment ce Benoît la fronde, ce rêveur, ce mythomane. Les événements et le réalisme  donne raison aujourd’hui à Hamon. Mais ça va être difficile. Il a besoin de nous.