Que difficile est la démocratie

20/07/2018 13:35
Que difficile est la démocratie
Le précédent billet a été la source d’un âpre conflit entre des personnes que l’opinion émise jetait dans une puissante colère, et d’autres, qui, soutenant le point de vue du billet, dénonçaient les contradictions des premières.
Celles-ci, appelons les pour faire vite, les « anti-foot industriel », insensibles à la passion footballistique des foules, estiment scandaleux que des millions de personnes consacrent de leur temps, de leur argent, de leur émotion, à fêter la victoire d’une équipe dans le bruit et l’enthousiasme, avec de parfaits inconnus que quelques instants plus tôt elles auraient méconnues. Tout ça, parce que, durant quatre vingt dix minutes, vingt deux athlètes courent derrière une « baballe » à tenter de jeter au fond des filets du camp adverse, un petit ballon rond.
Ces personnes, scandalisées, en colère, ne comprennent pas que des millions d’êtres humains puissent attendre avec angoisse le coup de sifflet final de l’arbitre qui dira qui des deux équipes a terrassé l’adversaire. Même analyse pour ces anesthésies nationales comme le Tour de France et autre « dérivatif »
Alors que…
Alors qu’au même instant, dans l’immensité méditerranéenne, des « immigrés » lâchent dans un dernier souffle la bulle d’air qui les faisait  espérant. Leur corps n’avait plus qu’à rejoindre la masse des détritus ménagers qui tapisse les profondeurs marines…
Alors qu’au même instant dans un des cachots secrets d’une quelconque dictature, une femme est torturée parce qu’elle n’est que femme…
Alors qu’au même instant des millions d’humains souffrent er meurent, de faim, de solitude, de leur anonymat…
Alors que l’argent tartiné à millions éteint les consciences.
Le constat est effroyable.
Et pourtant !
Ces foules heureuses, inconscientes, festives, sont celles qui ont élu un Macron, un Trump aidé, semble-t-il, par Poutine, celle qui, à coups de mensonges, ont décidé le Brexit pour ne citer que des pays théoriquement authentiquement démocratiques.
D’où la question de savoir si les peuples sont capables de se conduire eux-mêmes, ce qui est, me semble-t-il, la définition de la démocratie. Ne sont-elles aptes qu’à la passivité, qu’aux promesses de confort, qu’à l’aveuglement ?
Des pays européens comme la Pologne, la Hongrie, l’Autriche, voire l’Italie lorgnent du côté des régimes totalitaires. C’est tellement plus facile de se d émettre de ses responsabilités et de s’en remettre à une seule personne, à poigne, dite providentielle.
Or, les « anti-foot » de l’échange sont viscéralement démocrates, pas question pour eux de prôner un autre régime.
Mais dans ce cas, comment faire ? Accepter qu’une foule puisse momentanément se lâcher, oublier toutes les misères du monde pour s’offrir un temps de régression infantile, un peu de « arreuh, arreuh ! » réparateurs ?
Si nous maintenons nos exigences de vie meilleure pour tous, ne renonçons pas et travaillons en ce sens, notamment par davantage d’ouverture à la Culture, si nous acceptons de ne pas nous comporter en enfant de quatre ans qui veut tout tout de suite, mais acceptons de travailler dans le très long terme, siècles, millénaires…alors l’U-topie aura quelque chance de devenir réalité.