Questions au dirigeants du PS qui se rallient à Macron

26/03/2017 01:49

 

A Bertrand Delanoë, Barbara Pompili, Thierry Braillard, Jean-Yves Le Drian, etc…

Madame, Messieurs,

Vous êtes des personnages qui avez pris des responsabilités importantes en tant que membres du PS, or vous ne vous engagez pas derrière Benoît Hamon qui, pourtant, lors de la primaire socialiste, a été élu, sans contestation possible, par des gens de Gauche pour représenter le PS.

Or vous, bafouant l’engagement que prend tout membre du PS de soutenir le candidat élu, vous annoncez publiquement, à un moment crucial, que vous soutenez un étranger à votre parti. Si vous proclamez cette position dans les media, c’est que, étant donné votre notoriété, vous espérez inciter vos partisans et les autres, ceux  qui vous font confiance, à voter Macron.

Moi qui à la primaire ai voté Hamon et voterai Hamon à la présidentielle, je ne me suis jamais inscrit au PS dont j’étais pourtant proche par souci de liberté, craignant de me trouver dans votre situation. Je souhaitais voter selon ma conscience et non selon les consignes d’un parti.

Or vous dites voter « en conscience » et donc vous enfreignez le serment de fidélité que vous devez à ce parti. Autrement dit, selon moi, ce parti ne représente pour vous qu’une opportunité bien pratique, celle de décrocher une responsabilité importante que, sans le parti vous n’auriez jamais eue. Vous utilisez votre parti selon les circonstances, comme ça vous arrange. Je qualifierais cette attitude d’opportunisme. Et je comprends que Benoît Hamon la nomme « Trahison ».

Certes Benoît Hamon vous a dérangé, au point de mériter le nom de « frondeur ». A l’époque, moi aussi il me dérangeait. Mais à présent je comprends mieux : Il tentait de défendre les idées, à mon avis lumineuses, qu’il présente aujourd’hui et qui contrevenaient à la doxa à laquelle Hollande et vous, ses collaborateurs, se cramponnaient et que la majorité des citoyens refusait. Mais vous avez refusé de l’écouter vraiment. Alors il a insisté, puis, sans quitter le parti, il s’est rebellé. Ce qui ne se fait pas quand on est bien élevé ! Et vous en avez tous gardé, Hollande y compris, une rancune tenace au point de lui faire payer férocement cette audace. C’est vraiment mesquin.

Ça n’est pas digne de vous, et je comprends mieux la haine que vous suscitez du côté de votre gauche. J’avais tenté de vous défendre jusqu’au bout dans les colonnes de Médiapart, en vain. Ce sont vos adversaires qui ont raison. Et je crois que vous décevez des millions d’électeurs qui, comme moi, vous ont fait confiance.

Mais j’ai une autre question, plus essentielle à vous poser. Pourquoi ce choix de Macron ?

J’ai eu la curiosité de lire en partie la documentation abondante fournie par Wikipédia et j’ai eu la très désagréable impression de découvrir une très habile stratégie élaborée par Macron pour d’abord, approcher le Président, gagner sa confiance, puis se faire nommer ministre de l’Economie où il sévira durant deux ans (27 août2014/30 août 2016). Une fois dans la place il prend des mesures qui lui ont mérité le titre d’« anti-Montebourg », il brade Alstom, Ecopla, favorise le Groupe américain Général Electic, en huit mois dépense en invitations, réceptions, 80%  de l’enveloppe du budget du ministère soit 120.000 euros. 500.000 chômeurs de plus en ses deux ans de ministère. Il doit se sépare d’un conseiller douteux, proche du Laboratoire Sévrier. Il donne la nette impression d’utiliser sa fonction pour préparer et réaliser son mouvement « En marche » et se préparer à réaliser son rêve d’être Président de la République.

A la question de Benoît Hamon lors de la table ronde du 20 mars : « Etes-vous sûr que parmi les donateurs qui financent votre campagne, il n’en est pas certains avec lesquels vous pourriez avoir des conflits d’intérêt ? ». Macron répond par une pirouette: « Je ne suis pas policier et je ne contrôle  pas l’identité de ceux qui me donne de l’argent. » ou, auparavant : « ce n’est pas de la transparence, c’est de la démagogie. » Ce refus de réponse pose question ?

Vous-mêmes, Madame, Messieurs, n’en savez-vous davantage sur l’identité des si généreux donateurs ? Pouvez-vous affirmer que ces dons sont propres et désintéressés, que le Canard ne va pas soulever un lièvre aussi faisandé que lors de ses autres révélations ?

Personnellement, j’ai la très nette impression que cet homme est un intrigant très habile, un séducteur hors pair, qui trompe les français. Et vous, avec d’autres préférez cet homme qui a reconnu ne pas être socialiste à Benoît Hamon, socialiste compétent et honnête ? Je crois que vous manquez de jugement. Faut-il que Benoît Hamon vous ait blessé dans votre amour propre pour vouloir le punir de s’être permis de vous faire une leçon de socialisme et lui préférer un manipulateur ! Si, à cause de gens comme vous, nous en sommes réduits à choisir entre Le Pen et Macron, la rage au cœur, ou je ne me déplacerez pas, ou je voterai blanc. Et d’autres feront comme moi, et vous aurez 33 % d’abstention ! Misère !