Réfugiés

22/10/2015 18:09

 

Difficile d’ignorer la dramatique situation des foules des personnes fuyant guerres et misères et qui se pressent aux frontières de l’Europe.

Même dans un petit village comme celui que j’habite, nous nous sentons concernés, et ce, depuis plusieurs années.

Grâce à des comités d’accueil, actifs et généreux, certaines solutions s’esquissent. Une couple albano-kosovar et ses deux enfants en bas âge viennent enfin d’obtenir leur permis de séjour, avec une embauche pour le mari qui fait l’affaire d’un employeur qui ne trouvait personne.

Pour ce petit bonheur, petit mais énorme pour les personnes concernées, que de situations pour l’instant sans réponse.

Les gens d’ici ne sont pas super riches. Ils vivent de leur travail ou de leurs (petites) retraites. Mais ils sont généreux. Beaucoup ont des ancêtres montagnards  qui ont dû survivre durant des millénaires dans des conditions extrêmes, mais qui ne s’en plaignaient pas, grappillant des moments de bonheur dans les gestes quotidiens et la beauté du paysage.

Or ce sont ces personnes qui semblent le plus préoccupées du malheur des autres.

Nos pays européens, qui ont connu leurs lots de misère avec leur guerres fratricides nourries par des nationalismes exacerbés ou des religions orgueilleuses ont certes aussi leurs pauvres, leurs chômeurs, mais dans l’ensemble ils sont aisés, et certains beaucoup plus que d’autres. Or il semble que ce soit ceux-là qui sont les plus obtus à la misère du monde.

Ainsi le Monde d’aujourd’hui a tout à fait raison de nous informer sur le dramatique débat qui oppose des élus de Neuilly sur Seine, et les rend certainement indisponibles aux autres problèmes.

Les pauvres très riches de cette commune vivent les affres d’un dilemme : Que va-t-il advenir du « très chic club de tennis St James ». En effet, la ville, qui souffre d’une carence en …logements sociaux, n’a pas, en 2004, saisi l’occasion, à la vente de 6.700 m2 de terrain en bord de Seine, pour construire un minimum de ces logements sociaux manquants. Non, l’achat du terrain pour la bagatelle de 12 millions d’euros, fut consacré à 9 courts de tennis mis à la disposition de 350 habitants pour la modique cotisation annuelle de 850 euros par an.

Or, horreur, le bruit court de la construction de logements sur ce haut-lieu du Sport ! Mais faux bruits. Il semblerait en fait qu’il n’y aura pas de logements, pas plus  sociaux qu’asociaux, mais très simplement des courts de tennis souterrains  au coût faramineux vu la proximité de la Seine. Peut-être que la municipalité espère ainsi créer des emplois de ramasseurs de balles pour syriens ou autres réfugiés.

Car les emplois sans demandeurs vont pouvoir être pourvus :

Ce même quotidien   d’aujourd’hui offre à la Une la large photo d’une curieuse procession : « Réfugiés, le nouvel afflux »

Cette photo me rappelle les processions d’antan, celle des rogations qui parcouraient les campagnes, demandant au Ciel de leur accorder de très belles récoltes. Cette procession-là est peut-être partagée entre la douleur de quitter une patrie qui ne les tolère plus et l’immense espoir d’être accueillie par des nations qui feront preuve de simple humanité et seront généreuses. Ne les décevons pas, tout le monde n’adhère pas au FN. Et il y a fort heureusement en Europe peu de municipalités élues par des populations comme celle de Neuilly-sur Seine.