Régionales, capital !

04/11/2015 13:39

Régionales, capital !

La naissance des nouveau-nés que sont les régions peuvent être pour la France une chance unique,  inouïe, d’épanouissement.

C’est, je crois, la réforme la plus essentielle, audacieuse, que la nation connait depuis ses origines. Ce pays, composé au départ de peuples différents, à cultures originales, étranges et étrangères, a bataillé longuement pour ne pas s’entredévorer et se construire une identité commune. La condition en a été soumission et obéissance à une instance séculière, le Roi, authentifiée par l’autorité d’un seul et même Dieu. Ainsi se créa une centralisation à double détente.

Le siècle des Lumières advenant, les droits de la personne humaine s’affirmant, le peuple découvrit sa capacité de se gouverner sans avoir à en demander l’autorisation.

La France fut contrée par les nations voisines, scandalisées de voir ce pays rompre par la violence les liens familiaux avec leurs nobles ancêtres européens. Ça ne facilita pas les choses.

Mais trop marqué par des siècles d’obéissance, le peuple ne pouvait se passer de chef, il finit par se donner un empereur, en fait un dictateur, qui organisa la centralisation. Tout partait de et remontait vers un pouvoir central, Paris.

L’épopée industrielle vit se lever des contrepouvoirs, ceux des grosses fortunes et des grandes misères, et la confusion entre Etat et puissances d’argent.

Les citoyens durent prendre parti. Et la France se cliva entre riches et pauvres.

Et comme les questions posées avaient les dimensions d’un très grand pays, incapable d’inclure les spécificités, elles ne pouvaient qu’être générales et favoriser dogme et idéologie, et négliger la réalité du terrain, la réalité tout court. Etre un politique devint le synonyme d’être bavasseur roué.

Ainsi jusqu’à ce jour, la France me semble être gouvernée par des amateurs beaux-parleurs, souvent pas très honnêtes (voir les procès en cours) qui, de milieux aisés, font semblant de répondre aux difficultés des citoyens mais les ignorent superbement.

Mon tableau est noir, je sais, et n’est pas Soulages qui veut. Mais il me semble que de ce noir peut jaillir la lumière.

Pour cela, il faudra faire de la France  une démocratie.

Elus issus du peuple, c'est-à-dire tirés au sort.

Alors ne se reproduira pas dans les régions ce qui se passe pour la France :  des oligarchies, toujours les mêmes, qui laissent le peuple sans voix, et sans voies.

La réalité, très diverse, du terrain pourra être étudiée de près et des réponses aux questions calibrées, non en fonction d’un dogme, d’une idéologie partisane, mais du bon sens, qualité la mieux partagée.

Alors Paris retrouvera sa place, celle d’animateur, de coordinateur, d’arbitre. Qu’aurait donné le spectacle récent du heurt violent entre deux équipes ambitieuses, acharnées, comme lors de la finale en coupe mondiale de rugby s’il n’y avait pas eu d’arbitres dont l’autorité est reconnue ? Une foire d’empoigne lamentable, le spectacle qui nous est souvent donné aujourd’hui, celui des égoïsmes.

Nous méritons tous mieux. Faisons en sorte que…