Repenser le code du capital

13/09/2017 11:31

Tel est le titre donné par Thomas Piketty à sa chronique parue dans le Monde du 11 septembre. Or moi qui me sens très démuni face aux questions économiques et ne veux pas me contenter de hurler stupidement avec les loups pour le simple plaisir d’être contre, trouve dans cet article des raisons de contester sérieusement les mesures prises par Macron à propos du code du travail.

L’orientation suivie par le Gouvernement de Philippe apparaît, à la lumière de cet article, ouvertement se moquer du peuple des travailleurs et favoriser tous les actionnaires qui gagnent grassement leur vie à jouer au poker avec la sueur de ceux qui travaillent vraiment.

Or, faire hurler par les foules des slogans qui dénoncent le libéralisme de Macron est fallacieux. Ces manifestations permettent au peuple des travailleurs de libérer leurs tensions dans la jouissance collective, dans l’orgasme d’un grand corps en souffrance qui, enfin apaisé, va pouvoir retourner gentiment à son exploitation. Il aura été manipulé par des patrons, syndicalistes cette fois, qui ne doivent leur sentiment d’exister que grâce à la gueulante de la masse, mais rien n’aura changé tant qu’il ne s’agit que de savoir qui, des patrons ou des syndicats,  possède la plus longue. Le peuple des travailleurs reste méprisé et par « le capital » et par le « syndicat.

Or l’enjeu est sérieux, et sa prise de conscience ne doit pas rester la propriété exclusive des patrons, qu’ils soient capitalistes ou syndicalistes. L’objectif serait que chaque travailleur puisse exister dans l’entreprise autrement qu’en tant qu’outil, qu’en tant qu’exécutant, mais existe en tant que « personne », c’est-à-dire un être doté d’intelligence et de sentiments. L’entreprise découvrirait alors une richesse qu’elle avait ignorée.

Alors les actionnaires se rendront peut-être compte qu’ils ne sont pas les seuls à devoir vivre dignement, et les patrons syndicalistes comprendront peut-être qu’ils ne sont pas les seuls à avoir le droit et la capacité de penser. Une idée, ça se partage. C’est, me semble-t-il, ce à quoi nous invite Thomas Piketty.