Saisir enfin cette chance d’unifier la France

30/04/2017 17:27

Nous avons une semaine pour y parvenir. Il nous suffirait d’accepter le principe que rien n’est tout blanc ou tout noir. 
Une simple introspection devrait suffire à l’admettre.

Or certains média doivent fourbir micros et caméras pour donner au monde entier le spectacle croustillant d’un tournoi qui verra l’un des deux hérauts terrasser le second. Ils affubleront l’un d’une bannière « F de F »* et l’autre de la bannière « P de B »* (lire « Fumier de Fachos » et « Pourriture de Banquier »). D’autres média apporteront la preuve que tout n’est pas si simple.

Ainsi ayant comme fondatrice de la dynastie FN une OAS ulcérée par le revirement d’un général qui, selon eux, a tourné casaque en abandonnant l’idée de colonie, et a provoqué le désespoir de milliers de pieds noirs, ce FN reste scotché au passé et ne parvient pas à se débarrasser de la haine envers les étrangers née de cette époque, racolant au passage une bande de nazillons.

Or cette attitude est inadmissible, contraire au sens de l’Histoire, à l’idée de la République. (liberté, égalité, fraternité).

Mais nous autres républicains devons comprendre que cette attitude inacceptable due à une blessure toujours vive savamment entretenue prédispose le FN à défendre les dix millions de citoyens survivant sous le seuil de pauvreté, méprisés eux-aussi, et lâchement abandonnés par des politiques.

Or ces politiques qui se disent républicains favorisent les nantis.

Nous républicains, nous devons admettre que les gens du FN ont raison sur ce point, que nous, républicains, contrevenons gravement à nos trois principes. Si ces gens délaissés (méprisés ?) se tournent vers le FN, c’est bien parce qu’ils ont le sentiment que le FN est le seul à les comprendre et à pouvoir les défendre.

Les deux protagonistes devraient tomber d’accord et reconnaître tous deux cette insoutenable réalité, et la nécessité absolue et urgente d’y remédier.

Restera alors la question du meilleur moyen pour faire cesser cette injustice. Et c’est là que Marine Le Pen pourrait se rendre compte que son programme ne tient pas la route, autant pour les personnes à secourir que pour la France entière.

C’est alors que Macron devra faire la preuve qu’il est capable de trouver une solution autre que d’enrichir les banques, respectant en ce domaine si difficile, les principes républicains. Tout dépendra donc de la constitution de son gouvernement et de la faculté de Macron de résister aux assauts et manœuvres des anciennes gloires des vieux partis qui sont à l’origine de ce désastre.

Si Emmanuel Macron avait l’audace de prendre un homme sincère et lucide, Benoît Hamon par exemple, comme Premier Ministre, dont le programme dès le départ s’attaquait précisément à ce drame, nous aurions la certitude de voir régler ce grave problème, et tant d’autres.

Alors le débat de mercredi ne sera pas un dialogue de sourds stérile et honteux mais un échange digne entre personnes responsables.