SORTIR OU PAS DE L'EUROPE

16/04/2017 15:15

 

Sur les onze candidats à la présidence, quatre promettent de sortir la France de l’Union Européenne. Si une ou un de ces quatre est élu(e) elle, il,  décidera de rompre les liens qui rattachaient la Nation France à toute une équipe selon le principe que l’Union fait la force, et préférera l’aventure solitaire, voire à l’abri du protecteur russe, pour affronter la toute puissante mondialisation.

Cette volonté d’obliger la France à « reprendre sa liberté » devrait pouvoir s’expliquer chez le constitutionnaliste Asselineau, dont la myopie textuelle limite le champ des possibles et rejette la solidité des partenaires proches mais encore empreints de la poudre noire des batailles ancestrales, pour lui préférer l’habileté de l’ogre Poutine, ou de son proche cousin Erdogan.

Les raisons de Cheminade me paraissent plus floues, accommodées de sauce humanitariste et d’histoires de gros sous. Je n’ai pas bien compris la ligne directrice du programme.

 Le programme Le Pen me paraît bien plus clair. Sensible de fraîche date à la misère des abandonnés, Madame Le Pen me paraît avoir soudain découvert qu’une grosse dizaine de millions de français du Nord qui ont participé du temps des « glorieuses » à la richesse du Pays, se sont trouvés du jour au lendemain sans le sous, sans perspectives d’avenir, de reconversion, sans formation, incultes, misérables. Elle a, je crois, transformé la haine viscérale du père dont elle était gavée en une compassion si sincère que les pauvres se sont sentis enfin compris. D’où son succès, que je crois mérité.

Mais l’erreur consiste à avoir poussé Madame Le Pen à adopter une solution qui se trouve être une impasse :

Marginalisée dès le départ par son père haineux, elle a été par nous tous, les bien pensants, définitivement étiquetée fascho, ne croyant pas à sa conversion, la condamnant à un repli personnel mais aussi collectif : « Nous, les petits, les incompris, les pestiférés, n’avons d’autres solutions que de nous replier sur nous-mêmes, ne trouvant chaleur et compréhension que chez nos alter égo, dans une promiscuité incestueuses, et tueuses par manque d’ouverture. » Tous les petits, les obscurs, les taiseux de France se reconnaissent dans son discours

Solution suicidaire donc, à laquelle ont échappés les ouvriers lorrains, les mineurs de Merlebach, les sidérurgistes de Longwy, avec lesquels j’ai un temps partagé la vie. Ces personnes dont l’outil fut en très peu de temps démantelé, ont eu l’immense chance de rencontrer des syndicalistes plus ouverts à la recherche de solution qu’à la castagne. Et des gens comme Bertrand Schwarz qui ont créé un réseau de formation et de reconversion.

Donc pour moi, oui, à la cause urgente et très honorable de Marine Le Pen mais NON, mille fois non à sa solution. Je ne voterai pas pour elle, mais aimerais que sa cause soit enfin reconnue. Elle rejoindrait aisément Philippe Poutou et Nathalie Arthaud dans leur exigeant combat.

Reste Jean-Luc Mélenchon.

Difficile de demeurer objectif vis-à-vis de quelqu’un qui m’est antipathique.

Au tout départ, je ne le connaissais, n’avais jamais eu l’occasion d’imprimer son nom. Débuta la campagne. Je découvris le personnage et ce qu’il disait me plaisais bien. Je le lisais, lui ou à travers les chroniqueurs. Puis l’entendis. Remarquable, du bagout à la titi parisien, dont on s’amuse, mais dont on se méfie vite tant les outrances provocatrices finissent par indisposer. Je trouvais qu’il nageait dans la démagogie. Ça me plut beaucoup moins, comme quelqu’un qui utiliserait une mitraillette pour chasser les mouches. Dangereux. Je me méfiai du bonhomme, jusqu’au moment où j’appris qu’il prônait le frexit. Ce fut alors la rupture, plus rien de son discours n’était pour moi audible. Il avait certes de bonnes idées, mais pas compatibles avec le Frexit. Impossible.

Il faut dire qu’à présent vieux bonhomme, j’ai vu à 11 ans, au petit matin, des chapelets de bombes descendre relativement lentement des JU 52 sur ma ville, puis, de ces choses horribles que nous offrent les guerres, puis la sourde menace de l’immonde Gestapo, puis, puis… Ce qui explique que, suite à  la création en 1951 de la CECA, la Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier, j’ai salué, la joie au cœur, l’Union Européenne.

Pour moi, cette union dont le dicton dit qu’elle fait la force, mettait fin à des siècles de guerres fraternelles. Gigantesque progrès ! Et 70 ans de paix, du jamais vu, alors que je me sui laissé dire que, sur ce coin de continent, la paix n’avait jamais excédé 35 ans !

Je comprends les personnes qui, moins vieilles que moi, n’ont jamais été en situation de tuer ou d’être tué, et ne puissent pas savourer à chaque jour de leur vie la joie ineffable de la paix, mais faut-il pour autant souhaiter une « bonne guerre », comme semble le désirer ceux qui prêchent le Frexit, qui casse une union fraternelle et garante d’un mieux vivre ensemble ?

Quelle que soit la configuration du scrutin au premier tour, je ne voterai évidemment pour aucun de ces quatre-là.

Je voterai HAMON. Au premier et second tour.