Suspension du chantier du barrage de Siven

31/10/2014 16:04

 

 

"On a décidé de suspendre les travaux (...) Sans définir de délai. Mais ce n'est pas un abandon", a insisté devant la presse Didier Houlès, vice-président divers-gauche du conseil général.

 Le projet de barrage-réservoir avait été approuvé en mai 2013 par le conseil général à une écrasante majorité, un seul des 46 conseillers généraux se prononçant contre.

"Je suis mitigé, j'aurais préféré bien sûr qu'on dise qu'on arrêtait tout", a déclaré à l'AFP le seul des 46 conseillers généraux à avoir voté contre le projet jusqu'à maintenant, Jacques Pagès (DVG).

.Dans un communiqué commun, de nombreux acteurs de Midi-Pyrénées et d'Aquitaine, notamment les chambres d'agriculture, de commerce et d'industrie ont appelé au maintien du projet, déclaré d'utilité publique.

"La violence ne doit pas s'opposer aux règles démocratiques et aboutir au blocage des projets de développement, nécessaires à l'économie", selon le texte, également signé des Fédérations des syndicats d'exploitants agricoles et Jeunes agriculteurs. » 31/10/2014 12:52:20 - Albi (AFP) - Par Laurence BOUTREUX - © 2014 AFP

Autrement dit, rien n’est vraiment décidé, tout reste dans le flou. Espoir d’un pourrissement de la situation et repris en douce du chantier ? Ça  paraît désormais impossible. « La petite Suisse » ne pourra que rester inchangée, c'est-à-dire préservée, ainsi que, depuis les années 20, les humbles habitants du Pays le voulaient, se battant contre promoteurs mégalos, ou cultivateurs assoiffés. Un défenseur de cette belle région désormais invincible veille à présent sur elle.

Rémi Fraisse n’avait comme principal défaut d’aimer le Nature. Voici ce qu’en disent ses proches :

« Rémi n’avait aucune implication dans des mouvements politiques organisés, sinon ses activités de botaniste dans l’association France Nature Environnement. Il participait à la protection de la nature dans la région toulousaine. Après un BTS en gestion et protection de l’environnement, il travaillait durement comme intérimaire et avait plein de projets : un voyage en Amérique du Sud, la reprise d’une école mais surtout l’achat d’un terrain. Il souhaitait monter une exploitation de plantes médicinales, se renseignait auprès de professionnels. Il avait trouvé sa voie. «   Entretien accordé par les proches de Rémi Fraisse à Grégoire Souchay de « Reporterre ».

Pour ma part se pose un problème de fond : celui de la démocratie. Peut-être touchons-nous là ses limites.

Les citoyens votent pour ceux qui, espèrent-ils, représenteront le mieux leurs valeurs, leurs intérêts. Ils ne choisissent pas par hasard, sauf que si « les promesses n’engagent que ceux qui y croient » est très souvent vérité, et que les votants se déterminent sur des critères de compétence et d’honnêteté quasiment invérifiables, mais souvent enveloppés de bagout, le résultat est que les citoyens de base élisent des personnes qui ne leur ressemblent en rien, c'est-à-dire des cadres, surtout d’ailleurs des cadres supérieurs. Or ces gens, issus d’une autre classe, d’une autre culture, ne représentent la plupart du temps qu’eux-mêmes. N’est-ce pas ce constat qui fait que près de la moitié des électeurs de votent pas. Seraient-ils simplement plus lucides ?

La bagarre autour du barrage est un bel exemple d’incompréhension.

Les gens du Pays aiment leur vallée du Tescou.

Les élus, du pays ou d’ailleurs, aiment beaucoup les sous.

Mais qui décidera de créer cette retenue d’eau qui fera disparaître un inestimable trésor végétal, animal, esthétique, sentimental ? Ceux qui ne cherchent que gagner plus d’argent, les élus.

N’y a-t-il pas conflit d’intérêts, lorsque l’on constate que le Président de la Compagnie d’Aménagement des Coteaux de Gascogne (CACG), qui vend l’eau, est aussi un des vice-présidents du Conseil Général qui décide de la construction du barrage ?. …

Et n’y a-t-il pas oubli de ce que les députés ont voté en avril 2014 :

Les députés ont satisfait mardi une demande de longue date des défenseurs des droits des animaux. Les bêtes seront désormais considérées comme des "êtres vivants doués de sensibilité" et plus comme des "biens meubles". Par LEXPRESS.fr, publié le 15/04/2014 à 15:08, mis à jour le 16/04/2014 à 15:02