TOTO ( 4 & fin)

31/07/2018 01:43
TOTO ( 4  et fin)
Les projets  secrets de Toto prennent corps et vont bientôt être connu de tous. Il ne s’agit pas moins que de conquérir le Pouvoir suprême : la présidence de la République française. 
Les présidentielles approchent et les candidats peu à peu se déclarent. Il y a les représentants des vieux partis qui radotent et ne font plus rêver le peuple, les professionnels de la politiques que les français subissent depuis des décennies, des conservateurs qui, par définition n’ont rien à proposer de nouveau et ont pas mal de casseroles attachées à leurs basques, les revanchards, les aigris, ceux dont la haine de l’Autre est le fond de commerce.  
Or celui qui séduira le peuple, c’est un candidat tout neuf, sans attaches partisanes, avec des idées claires, faciles à comprendre, qui promettant le bonheur apparaît comme un homme providentiel. Le peuple aime les choses simples, la promesse d’une vie meilleure, des fins de mois sans problème. C’est ce qu’a promis Trump et ça a marché. Toto n’est pas en reste, des promesses il en a tout un stock.
Toto peut compter à présent sur son réseau d’amis, ceux des repas fins invités au Ministère, qu’il a ainsi honorés. Ils lui sont tout acquis et prêts à financer ses futurs meetings. Alors Toto, le petit nouveau en politique venu de nulle part surprendra ses adversaires et, en parlant vrai, drainera de suite un public jeune, comme lui, que son parcours sulfureux séduira de suite ( qui n’ a rêvé d’épouser sa mère ?) et, qu’en parlant comme eux un langage jeune, il saura enthousiasmer.
Mais cette intrusion sur un territoire considéré par les vieux politiques comme lieu de chasse gardée suscitera haine et règlement de compte d’où la nécessité d’avoir un solide service de sécurité. 
Or là pas de problème. Ses multiples soirées passées en boite de nuit a permis à un Toto pas bêcheur de nouer de solides amitiés avec les videurs. Il lui suffit d’un mot glissé à un ou deux de ses fidèles pour que dans la journée qui suit, il ait à sa disposition une véritable petite armée de casseurs dévots. Le grand avantage sur les officiels services d’ordre des professionnels de la politique est que Toto n’a de compte à rendre à personne. Alors qui dit pour les autres politiques dûment répertoriés « garde du corps officiel » dit fonctionnaires et toute la paperasserie qui y est attachée. Autrement dit, tracasserie et absence de coudée franche, aucune liberté d’action. Toto a suffisamment pratiqué l’Administration pour en connaître les limites dues à la sclérose. Il l’utilise quand c’est nécessaire mais s’en méfie farouchement. On ne peut pas compter sur des ronds de cuir obéissants et donc passifs, sans initiative, soucieux de leur plan de carrière, de leur avancement, de leurs points de retraite. Toto honnit ces gens qui, de plus, coûtent très cher à l’Etat. 
Toto doit s’inscrire officiellement. Cette démarche accomplie rendra tout retour impossible. Or il vient d’apprendre l’existence d’un candidat dont le profil semble proche du sien. Il doit le rencontrer et si ce qu’il apprend se confirme, régler le problème. Il n’y a pas de place pour un doublon. 
La rencontre est programmée.
Stupeur, Toto en découvrant cet autre n’en croit pas ses yeux. Il découvre un autre lui-même, un quasi frère jumeau.
Pour la première fois de sa vie, Toto perd de sa belle assurance.
L’autre semble si sûr de lui. En discutant Toto s’aperçoit qu’en voulant être prudent et ménager l’effet de surprise, il a pris du retard sur l’autre, que ce dernier, un nommé Macron, en a profité pour prendre une avance indéniable. La honte. La défaite avant même le début du combat. 
Tout s’écroule pour Toto. Il ne peut que se retirer, et assister, meurtris, à la victoire de son clone. 
Celui-ci, bon prince et comprenant le désarroi de celui qui aurait pu être à sa place, offre à Toto un poste de « commandeur » d’une île océanique et minuscule dont le peuple a demandé l’aide de la France. Toto espère se consoler en acceptant ce poste. Or le bruit court que pour honorer son chef, obligatoirement généreux, qui accepte de se consacrer à son peuple, la coutume voudrait que le peuple lui prouve son attachement viscéral au cours d’un repas sacrificiel solennel dont il serait le met de choix. Une manière comme une autre de se protéger des dictateurs.
Mais n'ayant plus de nouvelles de Toto, on ne saura jamais si la rumeur est une fausse information.