un grand souffle d'espérance

28/05/2014 05:34

 

             25 et 26 mai 2014, deux journées historiques indissociables

La journée du 26 mai me parait expliquer celle du 25, et l’analyse de ce lien éclairer la crise dans laquelle est engluée la France en ce moment et relancer l’espérance

L’affaire du Bygmalion qui, jusqu’alors était présentée par les media comme quasi anecdotique, éclate enfin au grand jour et on peut remercier les responsables de l’UMP d’en avoir accélérer la révélation.

A l’occasion de l’explosion de cette affaire, des images des meetings organisés par l’UMP lors de la campagne présidentielle rappellent l’ampleur phénoménale de ces manifestations. Des foules immenses étaient mobilisées dans une ferveur et un enthousiasme dignes des exceptionnels événements religieux. Rien ne manquait lors de ces shows : musiques tonitruantes, lumières savantes, floraison de drapeaux, vedettes du spectacle, discours enflammés, transports divers draguant la France en tous sens et véhiculant les masses.

Devant une telle débauche publicitaire, orchestrée par de compétents   spécialistes de la vente d’automobiles et de paquets de lessive, il parait surprenant qu’en définitive le résultat ait été si médiocre puisque, malgré cette orgie de moyens, le champion de la cause en question, Sarkozy, n’est pas parvenu à battre son adversaire. La différence ahurissante des moyens financiers engagés et enfin révélés dans son illégalité, aurait normalement dû se retrouver dans une différence conséquente du score final. C’est dire l’importance du rejet du peuple face à la gouvernance arrogante du président sortant. Le handicap, qui habituellement pourtant favorise ce candidat sortant était si important qu’il fut impossible à remonter.

Hollande, qui alors ne disposait que d’un budget respectant les limites imposées par le législateur n’eut pour emporter la victoire que des arguments de raison rassemblés dans un programme. Il ne put compter que sur l’enthousiasme gratuit de ses sympathisants, alors qu’en face il ne s’agissait que d’acheter du public et d’organiser la claque.

Et pourtant, qu’elles étaient belles les grands messes de Coppé, que de belles représentations séduire le public par fascination télévisuelle complaisamment interposée.

Quelle fierté pour les fans sarkoziens, que d’envie pour ceux du camp d’en face, et pourtant, ça n’a pas marché. Il faut être encore plus fort, comme par exemple on peut l’être dans une dictature, pour vendre une marchandise avariée.

N’empêche que cette élection qui a vu l’honnêteté l’emporter, a laissé de profondes blessures. Chez les perdants d’abord à l’enthousiasme frelaté mais néanmoins vécu, scellé par des souvenirs inoubliables. Et puis chez les « gagnants », de justesse d’ailleurs, mais qui ne pouvaient que constater que leur champion n’était pas l’artiste quasi professionnel qu’avait été l’adversaire. N’est pas Zorro qui veut, même si c’est du cinéma.

Or ce champion, Hollande, feux de la fête éteints, allait devoir se coltiner une situation plus difficile que prévue, et que ne régleraient pas les habiles tours de passe-passe de son prédécesseur.

D’emblée le début du quinquennat, s’est trouvé mal engagé. En plus des actions vengeresses et normales des perdants, vint s’ajouter la désillusion de ceux qui auraient voulu que du jour au lendemain, et comme par magie, la société comble tout leurs désirs, y compris que l’aura présidentielle ait pu  transformer Hollande en fringant Schwarzenegger. Les doux rêveurs peuvent se montrer dangereux lorsqu’ils se réveillent.

Or ce 26 mai 2014 a permis de révéler une partie des dégâts provoqués par une campagne présidentielle viciée.

Il permet aussi de comprendre la journée du 25 mai où les frustrations accumulées chez beaucoup de citoyens se sont exprimées en majorité absolue par l’abstention.

Puis bien sûr, il y eut ce score que beaucoup ont feint de trouver surprenant alors qu’il n’est que logique. Vote probable d’adhésion incontestable aux thèses défendues par le FN pour une majorité, mais vote de mauvaise humeur pour les autres, un peu comme quelqu’un dont l’habitude n’est pas de jurer comme un charretier (ça jure tant que ça un charretier ?) et qui clame des « saloperies de nom de dieu de bordel de merde » pour surprendre un entourage au langage châtié.

Si bien qu’il me semble que 28% des 40% de votants, moins les non adhérents aux thèses frontistes, ça ramène le FN à des proportions plus modestes qui sont celles qu’on connait. D’ici à chanter « Premier parti de France ! » si ça leur fait plaisir, à eux qui vivent en une paranoïaquerie pas très réjouissante, tant mieux. Peut-être s’apercevront-ils que les autres ne sont pas si mauvais qu’ils pensaient.

Pour résumer, lorsque l’on a enfin pris connaissance de l’arnaque qu’a été la campagne présidentielle qui a perverti durablement la vie politique en France, on peut espérer qu’à présent le climat va s’assainir, et que le gouvernement actuel, et honnête, pourra plus sereinement poursuivre ses objectifs et patiemment redresser la situation en France. Les conditions sont peut-être enfin réunies.

Oui, il y a enfin une raison d’espérer.

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