Un PDG n'est pas un Président

15/06/2017 13:46

 

La présidentielle 2017 a provoqué une révolution fondamentale. Elle a changé dans son essence même le fonctionnement de la France.

Auparavant, il s’agissait de présider une France passionnelle, c'est-à-dire d’arbitrer au mieux les affrontements entre des courants idéologiques inconciliables, enracinées dans l’Histoire chaotique du pays. Chaque citoyen se reconnaissait plus ou moins dans une des valeurs de ce nuancier de convictions intimes qui constitue en partie son identité. Et s’il le souhaitait, le citoyen pouvait adhérer à des communautés d’idées et d’actions proches de ses convictions, les partis.

 Le président de la République émergeait d’un parti provisoirement majoritaire dont il se devait de ne pas être l’apôtre, car promu défenseur de tous les français. La mission était donc périlleuse, à la limite même de l’impossible. Les opposants étaient fatalement frustrés et provoquaient une alternance quasi automatique dont ne faisaient pas partie les idéologies minoritaires qui alimentaient un fond permanent de mécontentement.

La France, depuis la Révolution, en adoptant la démocratie, n’avait pas choisi une politique de facilité, mais opté pour les délices et les affres d’une vie bouillonnante, à l’image de celle de chaque citoyen épris de liberté, faite de passions, de grands bonheurs et d’immenses déceptions. Une vie de maniaco-dépressif ? C’est ce que les citoyens raisonnables, pondérés et rangés, ont pensé en votant pour un jeune homme dynamique et bien organisé, venant du monde méthodique des affaires, promesse donc  d’ordre, de calme et de sécurité.

La France dionysiaque, foutraque, gaie ou triste, joueuse, bordélique, s’est transmuée en une France jupitérienne. La classe ! ???