Un vote citoyen en Savoie

23/01/2017 13:40

 

Un vote républicain en Savoie

Nous étions, paraît-il, relativement nombreux à descendre de nos villages de montagne malgré les routes verglacées. C’est ce que nous ont dit les organisateurs du vote des « primaires  républicaines » de Saint-Julien Mont-Denis, en Savoie.

Pour notre part, nous nous sommes embarqués, au pas, sur les sept cents mètres de dénivelé et ses soixante épingles à cheveux de la petite route qui descend sur Saint-Jean de Maurienne et rejoint la vallée. Bien 15 kilomètres aller.

Lors d’un surplomb, nous avons découvert l’usine tout en longueur que les savoyards appellent encore « Péchiney » alors que désormais elle se nomme « Trimet », sigle de l’entrepreneur allemand qui, grâce à l’acharnement d’Arnaud Montebourg, a ressuscité ce haut-lieu de l’aluminium.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/savoie/trimet-embauche-et-fait-respirer-la-maurienne-733723.html

Ce vote avait pour moi un petit air d’hommage à Arnaud Montebourg, alors ministre de l’industrie, qui a sauvé des milliers d’emplois et évité en ces lieux et temps difficiles une catastrophe humaine car économique. Alors, vous comprendrez, Madame Bridoux, journaliste à Médiapart, que je ne partage pas le mépris que vous exprimez envers cet homme politique dans votre article « Et Arnaud Montebourg s’en est allé ». Mais il est vrai que vos revenus ne doivent rien à cet homme.

Mais si je descendais voter « Arnaud Montebourg », ce n’était pas seulement à cause de ce sauvetage de toute une vallée, ce qui aurait pu suffire à me faire bouger, mais son programme correspondait le mieux à mes propres désirs. En premier lieu, réduction par deux du nombre des parlementaires dont beaucoup semblent prendre leur rôle pour rente confortable. (Voir les détournements d’argent de l’ex-sénateur André Dulait). La création de la représentation des classes laborieuses dans les instances de décision. J’avais apprécié aussi l’importance qu’il donnait à la feuille de paie, comme signe de la dignité de la personne. Et bien d’autres points à discuter éventuellement.

Je me posais trop de questions, et pas seulement de financement quant au « Revenu universel » pour voter Hamon, mais puisque c’est lui qui vient en tête, renforcé par les apports des voix d’Arnaud Montebourg, je n’en suis pas du tout mécontent : qu’enfin les puissantes raisons du cœur l’emportent sur les raisons raisonnables !

D’autant que les raisons raisonnables conduisent à de honteuses absurdités : Les condamnations infamantes et poursuites envers des personnes comme Cédric Héroux, de Breil-sur- Roya, qui ont l’audace de braver les autorités, celle de Manuel Valls, pour éviter que des immigrés meurent de faim et de froid !

Et, moi qui ai soutenu malgré ses erreurs la politique de François Hollande, mise en œuvre par Manuel Valls parce que toute une partie de la Gauche refusait d’en reconnaître les acquis importants, je cesse aujourd’hui mon soutien à Manuel Valls qui a le toupet de prétendre que « c'est moi ou la défaite assurée ! ». Je sais que Valls aime la bagarre, c’est un battant, certes, et c’est une qualité, mais « ce qu’un humaniste ne devrait pas faire », c’est, au soir d’une première défaite, considérer l’adversaire loyal du matin en un ennemi à abattre. Trop c’est trop et je comprends mieux le rejet par une majorité de celui qu’il représentait, le Président de la République. La fin ne justifie pas les moyens.

Ce serait magnifique si beaucoup de personnes pensent comme moi que, grâce à Benoît Hamon, nous pourrons éviter une France ratatinée, trumpfée, voulue par la famille Le Pen, ou celle du sinistre  Fillon, ou du prétentieux Macron. Que la victoire annoncée de Benoît Hamon se confirme dans le reste du Pays jusqu’au second tout de la présidentielle !

« Et Mélenchon ? » diront certains.

J’avais trouvé au début ses idées intéressantes, mais assez rapidement ses exagérations emphatiques m’ont lassé, et aussi l’engouement de ses fans qui le plus souvent répondaient par des insultes sur MDP à ceux qui doutaient. A Présent, j’estime que s’il n’est aucunement question de mettre en cause ses intentions généreuses, demeure ce problème de fond : cet homme est tout seul. C’est un parfait tribun, il sait enflammer les foules mais il ne sait pas travailler avec les autres, en équipe. Or pour exercer la fonction présidentielle, il faut être entouré, sinon, c’est Poutine ou Erdogan ou à présent Trump ! Mais peut-être y aura-t-il des solutions à trouver pour que Mélenchon s’intègre quelque part, ait son rôle à jouer. Trop tôt pour en parler…