Une si belle tête !

13/06/2016 12:42

 

 

Parmi les strass et paillettes clinquantes se glissent parfois de véritables diamants. Certains, mais plus souvent certaines, exhibent ces cristaux rares comme signe de la haute valeur de leur propriétaire, mais il arrive que ce soit le contraire. Que sous l’apparence de strass, certaines personnes portent des diamants.

Ce dimanche, je viens d’être témoin ému de cette humilité.

J’ai participé hier à une des plus belles fêtes qu’il m’ait été donné de vivre.

Pour les passants qui voyaient à l’extérieur de la salle des fêtes du village de Savoie des petits enfants se chamailler gentiment en acteurs d’aventures passionnantes, la fête des adultes groupés à l’intérieur ne pouvait célébrer qu’un de ces départ à la retraite, ou baptême du petit. L’apparition cyclique de ces fêtes là, n’en ôte pas la valeur mais les banalise un peu. Tandis que le diamant qu’était pour moi cette fête représente en soi un événement international autrement plus important que le tragique carnage d’Orlando qui venait de s’abattre sur une ville de Floride et qui, lui, n’est qu’application consternante des discours d’un Trump.

Car, alors qu’un Trump chante la haine des Autres, que des crétins nationalistes anglais et russes rivalisent de connerie, que des immigrés se noient en mer par milliers sous le regard interrogatif de l’Europe, que le Bréxit pousse les anglais à ne vivre qu’ entre soi, dans ce petit village de Savoie, ce dimanche-là, une famille d’immigrés disait son bonheur d’être accueilli en France et de pouvoir y vivre décemment.

Car c’est un couple et ses deux petits enfants nés en France qui a remercié tout un groupe de personnes, d’ici et d’ailleurs, qui pendant des années de patientes et difficiles démarches s’est battu et a donné de son temps, de son cœur, de son argent aussi, pour permettre à cette famille d’avoir le droit d’une place au soleil.

Elle, Durata, éducatrice, née au Kosovo, et Forenc, son mari, albanais, survivaient difficilement dans leur propre pays. Elle, dont le père traduit des ouvrages français en kosovar  parlait parfaitement notre langue en arrivant ici. Lui qui n’en disait pas un mot, a importé aujourd’hui son humour dans notre langue qu’il maitrise étonnamment bien.

Et pendant la dégustation du buffet pourvu du meilleur de chacun, Bernie, la tante de Marjo, Françoise, Martine et moi, en savourant le jus de fleurs apporté tout fraîchement de Casamance par Françoise, débattions de savoir si l’humanité était foncièrement bonne ou si elle n’était pas plutôt violente par essence.

Nous n’avons pas tranché.